Les constructeurs automobiles européens cèdent à la vogue du « made in China »

Une silhouette à la fois haute et allongée de véhicule mi-break, mi-SUV, une longueur conséquente (4,8 mètres), un aspect cossu et confortable : voici la C5X, le nouveau fleuron haut de gamme de Citroën (groupe Stellantis, né en janvier de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler), révélé lundi 12 avril en première mondiale. La C5X, qui sera commercialisée fin 2021-début 2022, « renouvelle le segment des grandes routières (…) dans la plus pure tradition Citroën », nous dit le communiqué de presse.

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Voici donc une héritière des mythiques DS (1955), CX (1974), XM (1989), à ceci près qu’elle sera fabriquée non pas en France dans l’usine historique de Rennes, ni même en Europe, mais en Chine, sur le site Stellantis de Chengdu. Voilà qui risque de provoquer quelques remous politiques et faire monter au créneau les tenants du « made in France ». D’autant plus que des voitures de marques européennes – et précisément françaises – qui sont fabriquées en Chine pour l’exportation, cela commence à ressembler à un début de tendance.

La DS9, du même groupe Stellantis, sortira aussi d’une usine chinoise. Cette grande berline, produite sur la même plateforme technique que la C5X, débute sa commercialisation en Asie ces jours-ci, et devrait débarquer sur le marché européen à l’automne. Sur un tout autre créneau, le groupe Renault fait aussi fabriquer en Chine, près de Wuhan, sa petite Dacia Spring électrique, issue de la Renault K-ZE déjà proposée sur le marché chinois, et qui est arrivée cet hiver dans les concessions tricolores.

De 0 à 500 000

« Les ventes en Europe d’automobiles produites en Chine par des constructeurs occidentaux devraient, selon nos estimations, passer de zéro en 2020 à 500 000 en 2025, annonce Denis Schemoul, directeur associé au cabinet d’analyse IHS Markit. Stellantis va y produire des grands véhicules du segment D par opportunisme industriel – cela permet de donner de la charge à des usines actuellement surcapacitaires. Mais la plupart des constructeurs européens vont plutôt faire fabriquer en Chine des petits véhicules électriques. »

Ces mini modèles à batterie représentent des volumes de production non négligeables. Ce sont les Spring de Renault-Dacia, on l’a vu, mais aussi les Mini électriques du groupe BMW, ou encore les Smart zéro émission de Daimler. Ces dernières quittent d’ailleurs la France cette année, disant adieu à l’usine de Hambach (Moselle), où elles seront remplacées par les gros 4 x 4 thermiques d’Ineos Grenadier.

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via LeMonde

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