Les déboires de Greensill fragilisent Gupta, très présent dans la sidérurgie française

Sanjeev Gupta, dirigeant de Gupta Family Group Alliance (GFG Alliance), à Londres, le 28 janvier 2019.

Le temps est comme suspendu pour les près de 2 000 salariés des sites français détenus par le britannique Gupta Family Group Alliance (GFG Alliance) et ses sociétés, spécialisés dans l’aluminium, Alvance, et l’acier, Liberty Steel. A présent que Greensill, principal partenaire financier du groupe, qui lui apportait une grande partie de ses liquidités, a déposé le bilan au Royaume-Uni, lundi 8 mars, tous s’interrogent : va-t-il y avoir un effet domino et des risques pour l’emploi dans ces usines d’acier et d’aluminium ? Seront-elles emportées par la tempête qui balaie le groupe ?

Les 260 salariés de l’aciérie d’Ascoval, à Saint-Saulve (Nord), ont été secoués par la nouvelle. En août 2020, au terme d’un interminable feuilleton industriel, le tribunal de grande instance de Strasbourg avait validé la reprise du site sidérurgique par Liberty Steel, en même temps que celui de France Rail Industry, à Hayange (Moselle). « C’est usant, déplore Nathalie Delabre, déléguée CFE-CGC du site. Notre carnet de commandes est plein, on a une visibilité à plusieurs mois mais, à nouveau, on se retrouve à vivre au rythme des ascenseurs émotionnels. »

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Ascoval, Hayange… Pourquoi la faillite de l’établissement financier Greensill menace les aciéries françaises

Mardi 9 mars, sur France 2, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a tenté de les rassurer : « Je comprends parfaitement qu’ils aient des inquiétudes (…) mais, dans tous les cas de figure, l’Etat sera derrière ces sites industriels (…) S’il y a une difficulté financière, [il] saura faire le pont, trouver des solutions alternatives. » Bercy précise que les investissements de Liberty en France ont toujours fait l’objet d’une grande vigilance, et que des mécanismes ont été spécifiquement mis en place pour faire en sorte qu’en cas de défaillance Liberty n’emporte pas les sites tricolores dans sa chute.

A Ingrandes (Vienne), la direction de la fonderie Alvance Aluminium Poitou a réuni les 300 salariés, le 9 mars dans l’après-midi. « Elle nous a expliqué qu’à présent le groupe devait chercher de nouveaux financements. Car, jusqu’ici, son principal pourvoyeur, c’était Greensill, explique Jean-Philippe Juin, délégué CGT de la fonderie, rachetée à la barre du tribunal de commerce, en 2019. Pour les sites qui gagnent de l’argent, ça peut tenir. Mais nous, on perd plus d’un million d’euros par mois. On pourrait se retrouver en cessation de paiements d’une semaine à l’autre. »

« C’est un groupe secret qui nous en dit le moins possible »

Les 300 salariés du site poitevin sont particulièrement inquiets. En effet, c’est Greensill Bank AG – banque allemande dont les pratiques suspectes ont entraîné la suspension par le régulateur allemand de la finance et précipité le dépôt de bilan de la maison mère britannique – qui a octroyé à leur fonderie un prêt garanti par l’Etat (PGE) de 18 millions d’euros, en décembre 2020.

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via LeMonde

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