Les Européens s’alarment de la crise migratoire orchestrée par la Biélorussie

Un camp installé par des migrants à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, près de Grodno (Biélorussie), le 10 novembre 2021.

Une vive inquiétude régnait à Bruxelles, jeudi 11 novembre, face à la détérioration de la situation à la frontière avec la Biélorussie, où 2 000 migrants au moins se trouvent piégés par le régime dictatorial de Minsk. Ils y vivent dans des conditions dramatiques, dans l’espoir de rejoindre le territoire de l’Union européenne (UE) par la Pologne, mais aussi par la Lituanie et la Lettonie.

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En représailles aux sanctions européennes instaurées contre la répression menée dans le pays, Minsk orchestre ces arrivées sur son sol de Syriens, d’Irakiens, de Palestiniens, de Libanais. Ce qui est décrit comme « une attaque hybride » contre l’Union, avec la migration comme arme, pourrait désormais entraîner une escalade militaire, redoutent certains dirigeants. « Le risque est très élevé », jugeait ainsi, mercredi 10 novembre, le ministre estonien de la défense, Kalle Laanet. Son pays a évoqué, avec la France et l’Irlande, le sujet à l’ONU, jeudi soir, lors d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité. A son issue, les membres européens et américain du Conseil ont condamné dans une déclaration conjointe une « instrumentalisation orchestrée d’être humains » par la Biélorussie afin de « déstabiliser la frontière extérieure de l’Union européenne ».

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Dans l’immédiat, l’UE prépare un nouveau train de sanctions, le cinquième, contre la Biélorussie. Il devrait être entériné lundi 15 novembre par les ministres des affaires étrangères. Puis les ministres de la défense évoqueront également en priorité ce dossier, qui « n’est pas une guerre mais une crise sérieuse, une tentative de militariser la question de la migration », expliquait, mercredi, devant les eurodéputés, le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell.

Une instrumentalisation « inhumaine »

« Ils continuent de nous menacer (…). Et si nous coupions le gaz naturel ? » a répliqué, jeudi, le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, dans des propos rapportés par l’agence officielle Belta. Quelque 35 % du gaz russe consommé en Europe passe par le gazoduc Yamal-Europe, qui dessert la Pologne, l’Allemagne et d’autres pays. La menace n’était, cependant, pas prise au sérieux par Bruxelles, où l’on invoquait des obligations internationales difficilement contournables. Plus tard, le ministre biélorusse des affaires étrangères, Vladimir Makeï, tentait apparemment de calmer le jeu en disant que son pays était « favorable à une résolution de la crise dans les plus brefs délais ».

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via LeMonde

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