Les Européens se préparent à un hiver sans gaz russe


Le gazoduc Nord Stream 1 à Lubmin, en Allemagne, le 8 novembre 2011.

Ce n’est pas encore la panique chez les Européens, mais ça commence à y ressembler. Car, en matière d’énergie, Moscou est le maître des horloges, qui rationne ses livraisons de gaz au Vieux Continent, lui vend à prix d’or et au compte-gouttes son énergie fossile. Lundi 11 juillet, la société russe Gazprom entamera une opération de maintenance du gazoduc Nord Stream 1, qui les privera très largement de ses services. C’est un exercice de routine. Mais, de Paris à Berlin, en passant par Rome, on s’inquiète qu’à son issue, le 21 juillet, le géant russe prenne prétexte de tel ou tel problème pour interrompre totalement ses approvisionnements.

L’hiver, dans ce cas, pourrait être rude, puisque, avant que Vladimir Poutine décide d’envahir l’Ukraine le 24 février, le gaz russe représentait 40 % des importations de l’Union européenne (UE). Selon une étude du centre de réflexion Bruegel publiée le 7 juillet, les Vingt-Sept devraient réduire de 15 % leur consommation de gaz par rapport à l’avant-guerre, si Moscou venait à interrompre ses livraisons, et ce dans l’hypothèse où la saison ne serait pas trop rigoureuse. Pour la France et ses voisins italien et espagnol, qui sont bien interconnectés, l’affaire serait sans conséquence. En revanche, pour l’Allemagne, elle signifierait une chute de 29 % de sa demande et pour les Etats baltes de 54 %.

« Nous devons nous préparer à de nouvelles perturbations de l’approvisionnement en gaz, voire à une coupure complète de la part de la Russie », a prévenu Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, devant le Parlement de Strasbourg, le 6 juillet. « Ce ne serait pas une grosse surprise que [Gazprom] dise : “On ne peut pas relancer [Nord Stream 1], on a détecté un problème durant les opérations de maintenance” », avait alerté Robert Habeck, le vice-chancelier allemand, le 30 juin. « Poutine va nous dire : vous pouvez toujours utiliser Nord Stream 2 », redoute un haut fonctionnaire, alors que Berlin, après avoir longtemps tergiversé, a finalement décidé de ne pas mettre en service le nouveau gazoduc.

Livraisons coupées ou réduites

Une chose est sûre, plus personne en Europe, aujourd’hui, ne parle d’un embargo sur le gaz. Jusqu’à fin mai, la question a pourtant animé les débats entre ceux, comme la Pologne ou les Etats baltes, qui jugeaient inadmissible que les Vingt-Sept financent la guerre de Poutine en lui achetant des hydrocarbures, et ceux qui, comme l’Allemagne, redoutaient les conséquences d’une telle sanction sur leur économie.

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via LeMonde

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