Les leaders de l’extrême droite française se pressent auprès de Viktor Orban

Enfin, elle va rencontrer Viktor Orban. Marine Le Pen arrive lundi 25 octobre en Hongrie, où elle doit être accueillie mardi par le premier ministre nationaliste dans ses bureaux, avant un déjeuner et une conférence de presse commune. Ces dernières années, nombreux sont les leaders d’extrême droite en Europe à faire le pèlerinage de Budapest. Ils y sont reçus sur sa magnifique terrasse qui domine le Danube, ou emmenés à la frontière avec la Serbie, où une clôture haute de plusieurs mètres a été bâtie en 2015 pour stopper les migrants. A ce jeu, Mme Le Pen est presque en retard.

Eric Zemmour arrive pour une rencontre avec le premier ministre hongrois Viktor Orban dans ses bureaux, à Budapest, le 24 septembre 2021.

La candidate à l’élection présidentielle française attendait de longue date son entretien avec le Hongrois. Son entourage a pressé l’équipe de M. Orban de fixer la date après avoir découvert, mi-septembre, qu’Eric Zemmour avait décroché son propre tête-à-tête avec le leader ultraconservateur, de même que sa nièce, Marion Maréchal. Selon des sources internes au Rassemblement national (RN), Marine Le Pen espérait faire échouer le rendez-vous Zemmour-Orban en missionnant un collaborateur auprès du pouvoir hongrois, en vain.

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Ces rencontres à Budapest répondent à des intérêts électoraux croisés. M. Orban affrontera lui aussi un scrutin en avril 2022, une élection législative qui s’annonce extrêmement serrée et qui aura lieu en même temps que la présidentielle française. Dans ce contexte, chaque leader ouest-européen qui confirme sa vision apocalyptique est bienvenu. Marion Maréchal et Eric Zemmour avaient participé fin septembre à son grand « sommet de la démographie ». Tous deux avaient alors étalé leur admiration pour la Hongrie et leurs convictions de la réalité d’un « grand remplacement » et d’une « tyrannie des lobbies LGBT et des minorités ».

Ils avaient partagé un déjeuner avec Katalin Novak, ministre hongroise de la famille, à l’issue duquel tous trois avaient soigné leur sortie côte à côte, puis affiché devant les caméras leur proximité. L’ex-journaliste du Figaro briguant l’Elysée venait développer son image de présidentiable – Marion Maréchal lui a offert un coup de pouce médiatisé en déclarant que le « scénario du second tour » de 2022 n’était pas joué. Elle aspirait, quant à elle, à se faire connaître du chantre hongrois de « l’Etat illibéral », qu’elle admire et cite en modèle de chef d’une « vraie démocratie ». Un membre du gouvernement Orban aurait trouvé une stature présidentielle à la directrice de l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques (Issep), tient à faire savoir un proche de l’intéressée.

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via LeMonde

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