Les ministres birmans du gouvernement en exil auditionnés au Sénat

Lors de la libération de détenus de la prison d’Insein, à Rangoun (Birmanie), mercredi 30 juin 2021.

Dans un rare signe d’apaisement, la junte birmane a libéré, mercredi 30 juin, près de 2 300 prisonniers dans l’ensemble du pays, dont plus de 700 de la célèbre prison d’Insein, à Rangoun. Plusieurs militants et journalistes figurent parmi eux. Tous étaient inculpés en vertu de l’article 505-A du code pénal, une clause punissant à l’origine la diffamation de l’armée ou de ses membres, mais amendée en février pour sanctionner toute déclaration susceptible de « provoquer la peur », diffuser « de fausses nouvelles, ou inciter directement ou indirectement à commettre une infraction contre un employé du gouvernement ». La violation de cet article est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison.

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Selon l’avocate Tan Zar Oo, qui représente des détenus politiques et des journalistes, environ la moitié des 100 personnes dont elle et ses collègues s’occupent depuis plusieurs mois ont été libérées mercredi. Cette vague de libération a été confirmée par le ministre adjoint de l’information, le général Zaw Min Tun, qui a précisé qu’il s’agissait de « gens ayant participé aux protestations mais n’ayant pas pris part aux violences ».

Une trentaine de célébrités birmanes de la musique ou de la télévision emprisonnées avaient déjà été libérées en début de semaine. Si le Conseil d’administration de l’Etat (SAC), mis en place par le général putschiste Min Aung Hlaing pour remplacer le gouvernement légitime, agit de la sorte, c’est que les pressions montent aussi à l’extérieur du pays, 119 pays ayant voté une résolution – non contraignante – de l’Assemblée générale des Nations unies, le 18 juin, condamnant les violences.

Appels à l’aide

Par ailleurs, côté français, une proposition de résolution sur la Birmanie invitant le gouvernement à reconnaître le gouvernement d’unité nationale de Birmanie a été déposée le 28 mai à l’initiative de Pascal Allizard (Les Républicains) et signée par environ 150 sénateurs de tout bord – une autre est en préparation à l’assemblée. Le 30 juin, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat a auditionné en visioconférence plusieurs membres du gouvernement d’unité nationale (NUG), formé le 16 avril 2021 par des personnalités en exil.

Le NUG cherche la reconnaissance internationale et multiplie les appels à l’aide. « Il faut user des instruments diplomatiques pour demander à cette junte de rendre des comptes, il s’agit de crime contre l’humanité. Des sanctions beaucoup plus sévères doivent frapper l’industrie pétrolière et gazière », a plaidé Zaw Wai Soe, ministre de la santé et de l’éducation du NUG.

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via LeMonde

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