Les missions de l’UE dans le monde sous le feu de la critique


Un militaire britannique veille sur le camp de Ménaka qui abrite l’opération française Barkhane, l’opération européenne Takuba, la MINUSMA et l’armée malienne à Ménaka, au Mali, le 22 octobre 2021

Constituer une Europe plus forte, plus active, plus présente sur la scène mondiale grâce, notamment, aux dix missions civiles et sept militaires qu’elle déploie dans le monde – en Afrique et au Moyen-Orient principalement – est l’un des objectifs de la « boussole stratégique » de l’Union, officiellement adoptée en mars. La politique de sécurité et de défense commune, qui entend renforcer la sécurité internationale et prévenir les conflits, atteint-elle toutefois ses objectifs ? La question a été relancée récemment de manière brutale, à Bruxelles, où les ambassadeurs débattent, depuis la fin mai, de nouvelles missions militaires au Niger, au Burkina Faso ainsi que dans un « Etat côtier identifié » – mais pas encore nommé – du golfe de Guinée.

Plusieurs missions civiles sont actuellement en difficulté. Au Mali, la formation de l’armée lancée en 2013 est « suspendue » depuis le mois d’avril – tout comme les livraisons d’équipements –, en raison notamment de la présence des forces russes du groupe Wagner et d’une hostilité croissante à l’égard de la France.

La mission de conseil aux forces de sécurité en Centrafrique, devenue le foyer le plus important des paramilitaires de Wagner, a, elle, été arrêtée fin 2021, alors que son mandat était censé durer jusqu’en août 2022. Une autre mission de formation, en Somalie, piétine en raison de la volonté d’autonomie du pouvoir et du manque de soldats à instruire. Quant à l’initiative maritime « Atalante » de lutte contre la piraterie et de stabilisation du pays, elle semble se limiter désormais à une tentative de contrôle du narcotrafic.

Situation embarrassante au Niger

D’autres difficultés se posent. Au Niger, l’actuelle mission de formation des forces de sécurité à la lutte antiterroriste et de contrôle de la migration est l’objet de nombreuses critiques. Des informations parvenues à Bruxelles, siège du Service européen d’action extérieure (SEAE), font état de flou sur l’usage des fonds, de problèmes de gestion des ressources humaines et de recrutement. Une situation embarrassante, alors que le pays est décrit comme un nouvel axe de gravité politique dans la région et devrait jouer un rôle dans la révision de la présence européenne au Sahel.

La liste des interrogations ne s’arrête pas là. Elles concernent aussi la Libye, où la mission de soutien au contrôle des frontières, censée s’étendre jusqu’en juin 2023, a été désertée par plusieurs cadres, tandis que la formation des garde-côtes, qui reste officiellement une priorité dans le cadre de la mission « Irini » de surveillance de l’embargo sur les armes, suscite toujours la controverse. L’Allemagne a annoncé, à la fin mars, qu’elle ne participerait plus à cette opération encadrée par l’UE, en raison des mauvais traitements infligés à des migrants.

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via LeMonde

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