« Les pannes de courant au Texas touchent l’industrie au pire moment »

Austin, la capitale du Texas, aux Etats-Unis, est un petit paradis subtropical environné de collines verdoyantes. Grâce à sa prestigieuse université, la ville est devenue « Silicon Hills », la principale concurrente de la Californie pour attirer les stars du high-tech et les grandes usines électroniques. Mais lundi 15 février, un vent mauvais venu de l’Arctique a dévalé les collines d’Austin et tout gelé sur son passage.

Depuis, les températures polaires paralysent progressivement toute l’activité et notamment l’infrastructure électrique. La compagnie locale est contrainte de demander aux habitants de ressortir les bougies et aux entreprises d’arrêter les machines. Dans le deuxième Etat le plus important des Etats-Unis, plus de 3 millions de foyers sont privés d’électricité.

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Trois ans et demi après l’ouragan Harvey qui avait semé le chaos dans la région de Houston, le Texas se retrouve à nouveau dans le piège des éléments. L’approvisionnement pétrolier et gazier est suffisamment perturbé pour faire remonter les prix, mais surtout, l’industrie est touchée au pire moment : autour de Houston se trouve une concentration exceptionnelle de sites de production de composants électroniques. Le géant coréen Samsung, le néerlandais NXP, l’allemand Infineon ont tous arrêté en catastrophe leurs machines, faute de courant.

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Pas de chance, le monde, et particulièrement les constructeurs automobiles, est confronté à une pénurie de composants, dont justement ceux de NXP, le spécialiste du domaine. Ford, Volkswagen, Daimler et les autres ont tous annoncé des réductions drastiques de production faute d’approvisionnement suffisant depuis le début de l’année 2021. Et voilà que le froid s’en mêle.

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La faute à pas de chance ? Oui, bien sûr, mais pas uniquement. Déjà en février 2011, le gel avait plongé dans le noir 4 millions de foyers texans. Les autorités fédérales avaient demandé des améliorations sur un réseau électrique absolument pas préparé. Puis les recommandations avaient été oubliées. Le Texas est le seul Etat du pays à disposer de son propre réseau indépendant du reste de la nation. Et il en est fier.

Il ne s’agirait pas que ces « incapables de Washington » viennent donner des leçons au pays de l’« étoile solitaire », qui orne son drapeau. Par manque de moyens ou par peur d’augmenter les tarifs d’électricité, les investissements n’ont pas été faits. Voilà qui ressemble furieusement à ce qui s’est produit avec la pandémie de Covid-19. Plutot que de gloser à l’infini sur la souveraineté de la production sur le sol national, peut-être faudrait-il déjà protéger son infrastructure essentielle des évènements climatiques extrêmes, avant qu’ils ne se produisent. Car ils se produiront de plus en plus.

via LeMonde

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