Les pompiers de Californie face à un incendie qui génère son propre climat

Des lignes électriques au sol et des voitures brûlées dans la zone d’Indian Falls, dans le comté de Plumas, en Californie (Etats-Unis), le 25 juillet 2021.

Le plus gros incendie de Californie, qui a déjà dévoré une surface de végétation équivalente à la ville de Chicago, est si volumineux qu’il génère désormais son propre climat, au risque de rendre la tâche des pompiers qui le combattent encore plus ardue. Environ 5 400 soldats du feu étaient mobilisés, lundi 26 juillet, face aux flammes du Dixie Fire dans les forêts du nord de la Californie.

Ce brasier n’a fait que grossir depuis la mi-juillet, attisé par une chaleur étouffante, une sécheresse alarmante et des vents continus. Le Dixie Fire est si gros qu’il a créé ces derniers jours des nuages appelés « pyrocumulus » qui provoquent foudre, vents violents et alimentent en retour l’incendie.

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« La journée de demain [lundi] pourrait être très difficile : si ces nuages sont assez hauts, ils ont le potentiel de produire des éclairs », a alerté dimanche Julia Ruthford, la météorologue affectée au suivi de ce brasier. Des secouristes ont été dépêchés d’aussi loin que la Floride pour prêter main forte.

Malgré sa superficie, le Dixie Fire a pour l’instant surtout progressé dans des zones extrêmement recluses, ce qui explique que seules des dizaines de structures (des maisons et d’autres bâtiments) ont jusqu’ici été détruites.

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Les signes de la sécheresse sont partout

Progressant sur des sentiers extrêmement escarpés, les pompiers sont parfois aidés d’un train, depuis lequel ils peuvent arroser les zones inaccessibles autrement. Mais, dans ces conditions météorologiques, « les braises peuvent facilement voler à plus d’un kilomètre du feu », explique Rick Carhart, porte-parole des pompiers. Les lieux qui accueillent les personnes évacuées, comme le village de Quincy, se retrouvent eux-mêmes menacés.

Les feux de forêt sont courants en Californie – tellement que les habitants se demandent parfois ce qu’il reste à brûler. Mais, en raison du changement climatique, cet été est particulièrement violent. Un golf à l’herbe jaunie, des plaisanciers qui se baignent dans un lac qui n’est que l’ombre de lui-même… Dans la région, les signes de la sécheresse qui nourrit les brasiers sont partout.

Un train de pompiers au milieu du Dixie Fire, le 25 juillet 2021.

Les feux ont déjà ravagé trois fois plus de végétation cette année qu’ils ne l’avaient fait à cette époque en 2020, pourtant la pire année de l’histoire de la Californie en matière d’incendies.

Selon une enquête préliminaire, la chute d’un arbre sur un des milliers de câbles électriques qui dessinent le paysage américain est à l’origine du Dixie Fire. Cette ligne appartient à la Pacific Gas and Electric Company (PG&E), un opérateur privé déjà coupable d’avoir provoqué le Camp Fire, un incendie qui avait quasiment rayé la ville de Paradise de la carte et tué 86 personnes en 2018, dans une zone proche de celle du Dixie Fire.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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