Les talibans afghans au défi de l’un des séismes les plus graves de l’histoire du pays


Des Afghans constatent les dégâts engendrés par le séisme qui a frappé la province de Paktika, une zone isolée de l’est du pays, le 22 juin 2022.

Le puissant tremblement de terre qui a frappé, mercredi 22 juin, vers 1 h 30 du matin, une région rurale et montagneuse de l’est de l’Afghanistan pourrait être l’un des séismes les plus meurtriers du pays depuis 2002.

Dans la soirée, les bilans faisaient état d’un millier de morts et de près de 1 500 blessés. D’une magnitude de 5,9, il est survenu tout près de la frontière avec le Pakistan, selon l’Institut sismologique américain (USGS). Les autorités locales comme plusieurs organismes humanitaires d’urgence ont indiqué que le nombre de victimes pourrait encore progresser.

Mercredi, une image publiée par les talibans résumait le drame vécu par des populations vivant dans des zones souvent reculées et difficiles d’accès. Elle montrait une longue tranchée de tombes creusées, sous de fortes pluies et dans le froid, par des habitants souhaitant enterrer leurs morts. « Les abris d’urgence sont une priorité immédiate », a indiqué le bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations unies (ONU). La population a également besoin de soins d’urgence, d’une assistance en services d’eau, hygiène et assainissement, d’une aide alimentaire et non alimentaire, a ajouté l’OCHA.

Les districts les plus touchés sont ceux de Bermal, de Zerok, de Nika et de Gayan dans la province du Paktika, et celui de Spera dans la province voisine de Khost. Rien qu’à Gayan, près de 200 personnes ont été tuées et une centaine a été blessée. Dans ce seul district, jusqu’à 1 800 maisons auraient été détruites et endommagées, soit 70 % des habitations. De nombreuses familles sans abri ont néanmoins trouvé des hébergements chez des proches ou des membres de leurs communautés.

Un test majeur pour les talibans

Le ministère afghan de la défense, qui dirige les opérations sur le terrain, a envoyé quarante-cinq ambulances et dépêché cinq hélicoptères dans la province de Paktika pour faciliter les évacuations sanitaires, et une équipe médicale dans le district de Gayan. Les fortes pluies et le vent ont cependant entravé l’action des secours aériens. L’Unicef a également déployé des équipes d’agents de santé dans le district de Gayan, et dans ceux de Bermal et de Spera. La route entre Shahidano Chawk et l’hôpital de Sharana a été fermée à tout trafic civil pour faciliter le transport des blessés.

Cette catastrophe constitue un test majeur pour la capacité à gérer les affaires du pays du gouvernement taliban, dix mois après son retour au pouvoir par la force. Elle intervient alors que l’Afghanistan a été mis au ban de la communauté internationale. Le régime islamiste fait face à une grave crise de liquidités, liée aux sanctions financières américaines, notamment au gel de près de 10 milliards de dollars (8,7 milliards d’euros) de la Banque centrale afghane. Les talibans ne peuvent compter que sur des versements aux compte-gouttes et un premier budget présenté, fin janvier, de 450 millions de dollars, essentiellement constitué des taxes et droits de douane perçus depuis leur arrivée, en août 2021.

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via LeMonde

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