Les tensions persistent entre le Kirghizistan et le Tadjikistan au lendemain de combats meurtriers

A la frontière kirghize avec le Tadjikistan, le 30 avril.

La situation restait tendue, vendredi 30 avril, entre le Kirghizistan et le Tadjikistan, au lendemain d’affrontements ayant fait au moins une trentaine de morts et des milliers de déplacés entre ces deux pays d’Asie centrale aux conflits frontaliers persistants. Les combats ont éclaté jeudi autour de l’enclave tadjike de Voroukh, en territoire kirghiz, une zone de tensions liées à des questions d’accès à l’eau dans cette région montagneuse et très pauvre.

La première vice-ministre de la santé kirghize, Aliza Soltonbekova, a annoncé, vendredi à la télévision, un nouveau bilan de 31 morts et 119 blessés dans ces violences, contre un précédent bilan de 13 morts. Plus de 11 500 habitants ont, par ailleurs, été évacués. Ce sont des habitants de deux districts de la région de Batken qui ont été déplacés, selon les autorités de cette zone frontalière avec le Tadjikistan, où les combats étaient les plus intenses. « Ils ont été placés dans des lieux spécialement aménagés (…) ou se sont rendus chez des membres de la famille », ont-elles précisé dans un communiqué.

Après de violents combats marqués par l’incendie d’un poste-frontière kirghiz et la capture en représailles d’un poste tadjik, les deux pays avaient annoncé dans la soirée un cessez-le-feu et le retrait des troupes. Mais des tirs étaient toujours signalés périodiquement vendredi, selon les autorités régionales kirghizes.

Vingt maisons et une école brûlées

La Russie, puissance régionale, a toutefois salué cette trêve et proposé son aide pour régler le conflit. « La situation est stabilisée, mais les tensions perdurent », a indiqué la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

De larges portions de frontière n’ont pas été démarquées en Asie centrale depuis la dislocation de l’URSS en 1991, provoquant de fréquentes tensions ethniques, accentuées par le combat pour la gestion de l’eau, notamment autour de la fertile vallée de la Fergana, également partagée avec l’Ouzbékistan. Plus d’un tiers de la frontière kirghizo-tadjike est contestée, y compris la zone entourant l’enclave de Voroukh, où ont éclaté les combats.

Pays fermé et autoritaire, le Tadjikistan a peu communiqué sur ces combats et n’a fait état que de deux blessés, mais l’agence de presse russe Ria Novosti, citant une source au sein de la mairie de la ville frontalière d’Isfara, a rapporté au moins trois morts et 31 blessés.

A l’inverse, le Kirghizistan a publié une liste détaillée de bâtiments endommagés dans la région de Batken. Selon les secours kirghiz, outre son poste-frontière incendié, plus de vingt habitations, une école et huit commerces ont brûlé, et l’état d’urgence a été déclaré dans plusieurs villages.

Les deux parties se sont rejeté la responsabilité de ces affrontements. Les services de sécurité kirghiz ont affirmé que le Tadjikistan a « délibérément provoqué un conflit », accusant son adversaire d’avoir construit des positions « pour effectuer des tirs de mortiers ». De son côté, le Conseil de sécurité du Tadjikistan a accusé l’armée kirghize d’avoir ouvert le feu sur les troupes tadjikes « situées sur le site de distribution d’eau de Golovnaïa, sur le cours supérieur de la rivière Isfara ». Ces affrontements, les plus violents depuis 2019, quand ils avaient fait plusieurs morts dont des gardes-frontières, sont récurrents dans la région.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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