Les Vingt-Sept inquiets des échanges américano-russes sur la sécurité

Le haut représentant pour les affaires étrangères de l’UE, Josep Borrell, et le ministre français des affaires européennes, Jean-Yves Le Drian, lors d’une réunion à Brest, le 13 janvier 2022.

D’abord pris de court et réduits au second rôle, les Européens espèrent une poursuite et un élargissement des discussions engagées cette semaine par les Etats-Unis et la Russie sur l’Ukraine et la sécurité du continent. Tel est le message qu’ils ont cherché à faire passer, jeudi 13 janvier, à Brest (Finistère), à l’occasion d’une réunion des ministres des affaires étrangères et de la défense des Vingt-Sept. « Nous sommes dans une logique de fermeté et de dialogue », a dit Jean-Yves Le Drian, avant d’accueillir ses homologues au côté du haut représentant pour les affaires étrangères, Josep Borrell.

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Un peu plus tôt, les déclarations de Sergueï Riabkov, le vice-ministre russe des affaires étrangères, avaient pourtant jeté un froid : « Sans qu’on éclaircisse s’il y a (…) des réserves de flexibilité de l’autre côté sur des sujets importants, il n’y a pas de raison de se mettre à la table [des négociations] dans les prochains jours », a-t-il précisé, trois jours après avoir ouvert les tractations, lundi, avec la secrétaire d’Etat adjointe américaine, Wendy Sherman. Depuis, le Conseil OTAN-Russie a buté, sans surprise mercredi, sur le gel de l’élargissement de l’alliance exigé par Moscou, qui fait de l’adhésion de l’Ukraine une ligne rouge.

Double urgence

Jeudi, le négociateur russe n’a même pas attendu l’ultime rendez-vous de la semaine, la réunion du comité permanent de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), pour doucher les espoirs de détente. Tandis que la présidence polonaise tournante de cette instance invitait à relancer les négociations sur la sécurité continentale, le représentant de Moscou dans cette enceinte a fustigé « l’absence de réponse appropriée » des Occidentaux. L’étape viennoise avait pourtant été organisée à la demande des Etats-Unis pour associer l’Ukraine aux pourparlers. Seule institution réunissant l’est et l’ouest du continent, l’OSCE est de surcroît chargée de superviser le respect des accords de Minsk censés mettre un terme aux combats dans les régions séparatistes prorusses du Donbass. En vain depuis 2014.

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Pour les Européens, l’urgence est double à ce stade : peser autant que possible sur le dialogue esquissé, s’il devait se prolonger, et se préparer à l’hypothèse d’un échec en élaborant, en contact avec les Etats-Unis, un arsenal de sanctions susceptibles de dissuader le dirigeant russe, Vladimir Poutine, de s’en prendre de nouveau aux territoires ukrainiens, sept ans après l’annexion de la Crimée.

Sur le premier point, la réunion brestoise aura permis de serrer les rangs, en dépit des divergences traditionnelles qui persistent sur les relations avec la Russie. « La sécurité en Europe ne peut être discutée que par les Européens, a insisté la chef de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock, à l’unisson de ses homologues : Les membres de l’UE sont centraux » dans les différentes enceintes, a-t-elle rappelé, en particulier au sein de l’OTAN. Par ailleurs, d’après M. Le Drian, « les éléments sont réunis pour relancer le “format Normandie” » – qui réunit l’Ukraine, la Russie, l’Allemagne et la France, afin d’apaiser le conflit dans le Donbass. « Ce serait un signe fort », a-t-il assuré.

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via LeMonde

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