L’extrême droite allemande prône la sortie de l’Union européenne

Björn Höcke, chef de la fédération de Thuringe de l’AfD, au congrès du parti allemand d’extrême droite, à Dresde (Saxe), le 11 avril 2011.

Pour les élections législatives du 26 septembre, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) avait un slogan : « L’Allemagne. Mais normale » (« Deutschland. Aber normal »). Il lui manquait un programme. Celui-ci a été adopté lors d’un congrès à Dresde (Saxe), samedi 10 et dimanche 11 avril, et son contenu donne une idée de la « normalité » à laquelle aspire l’AfD, huit ans après sa fondation et quatre ans après son entrée en force au Bundestag, où il constitue la première force d’opposition.

Lire l’enquête : En Allemagne, aux racines de la violence d’extrême droite

Premier point : la sortie de l’Allemagne de l’Union européenne (UE). Jusque-là, celle-ci n’était présentée que comme une « option ». Mais l’aile radicale du parti a imposé ses vues, et mis en minorité le président du parti, l’eurodéputé Jörg Meuthen, partisan de réformer les institutions existantes en se rapprochant d’autres partis européens. A l’instar du Fidesz du premier ministre hongrois Viktor Orban, en qui le chef de l’AfD voit un potentiel allié depuis sa rupture avec le Parti populaire européen (PPE).

Deuxième proposition-clé : l’interdiction de tout regroupement familial pour les réfugiés. S’agissant du « secours humanitaire », l’AfD n’envisage de l’accorder qu’à des personnes « sélectionnées pour leur bagage culturel et religieux compatible avec le système de valeurs de la société allemande ». Dans le même ordre d’idées, le parti d’extrême droite réclame des contrôles systématiques aux frontières de l’Allemagne, allant jusqu’à la mise en place de « barrières physiques ».

Contre la « coronadictature »

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, l’AfD est la seule formation représentée au Bundestag qui s’oppose frontalement aux restrictions, jusqu’à dénoncer la mise en place d’une « coronadictature », selon les mots de son président d’honneur, Alexander Gauland. Dans leur programme, les 600 délégués du parti ont fait inscrire : « Nous nous opposons à l’obligation de porter le masque. »

A de rares exceptions près, comme l’autorisation du port d’armes, l’aile radicale du parti, incarnée par le chef de la fédération de Thuringe, Björn Höcke, est parvenue tout au long du week-end à imposer la plupart de ses propositions et de ses formulations.

Alors que l’AfD est sous le coup d’une procédure de « mise sous surveillance » par l’Office fédéral de protection de la Constitution, le service chargé du renseignement intérieur en Allemagne, ce programme de combat reflète l’évolution des rapports de forces au sein de cette formation qui, en 2020, a notamment vu l’un de ses dirigeants se faire exclure pour avoir dissimulé son appartenance passée à une organisation néonazie et l’un de ses porte-parole filmé en caméra cachée en train de s’interroger sur la possibilité de « gazer » les migrants.

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via LeMonde

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