« L’impérieuse nécessité d’une action européenne commune et stratégique autour de la santé »

Tribune. La Commission européenne est sous le feu de la critique en raison de linsuffisante quantité de vaccins disponibles sur le continent. Cette polémique ne doit pas éclipser le fait que la Commission pose depuis quelques mois les premiers jalons d’une Europe de la santé, dont la nécessité est aujourd’hui criante.

La santé est et reste une compétence souveraine des États membres. Pourtant, le spectacle désolant des égoïsmes des pays européens, au début de la pandémie, tout comme la faiblesse des mécanismes de coordination et de réponse à la menace sanitaire ont montré l’impérieuse nécessité d’une action commune et stratégique autour de la santé.

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En annonçant, dans son discours sur l’état de l’Union du 11 novembre 2020, la mise en place d’une Europe de la santé dotée d’un budget de 5 milliards d’euros sur sept ans (2021-2027) – contre 449 millions actuellement (2014-2020) –, Ursula von der Leyen a montré une volonté forte d’accroître notre capacité de gestion des crises et de mieux nous préparer aux menaces sanitaires transfrontières. Le plan européen de lutte contre le cancer présenté le 3 février s’inscrit dans cette même volonté de transformation de l’approche européenne autour de la prévention et de la recherche et développement (R&D) en santé.

Trois priorités

Cette Europe de la santé devrait se fixer trois priorités : coordonner les réponses face aux crises sanitaires, rebâtir une sécurité sanitaire fondée sur une filière industrielle forte, améliorer la performance de nos systèmes de santé par le partage d’expériences et de données.

L’agence américaine Barda pour la R&D biomédicale a montré son efficacité en permettant le financement d’essais cliniques et l’accroissement des capacités de production. La mise en place en Europe de la Health Emergency Response Authority (« autorité pour la réaction aux urgences sanitaires »), inspirée du modèle américain, préparera une réponse coordonnée aux futures crises sanitaires, à travers la constitution de stocks de médicaments et d’équipements stratégiques et l’investissement dans la R&D ainsi que dans des partenariats public-privé.

« Soutenir les écosystèmes régionaux d’innovation permettrait d’associer sur un même territoire lieux de soins, laboratoires de recherche, industries, partenaires publics et privés »

Le début de la pandémie a démontré que le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies était trop faiblement doté, et qu’il disposait d’une capacité d’action réduite, laquelle l’a empêché d’intervenir précocement et d’apporter une réponse coordonnée ou des informations claires aux pays européens. Un renforcement de ses compétences et un mandat élargi permettront de recueillir plus rapidement et plus efficacement des données de santé, de surveillance épidémiologique et de planification des réponses sanitaires dans nos pays.

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via LeMonde

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