L’inflation menace la croissance indienne, l’une des plus dynamiques au monde

Face à la flambée de l’inflation, la décision de la banque centrale indienne « coulait de source », selon son gouverneur, Shaktikanta Das. Sans surprise et pour la seconde fois en cinq semaines, la Reserve Bank of India (RBI) a donc augmenté, mercredi 8 juin, son principal taux d’intérêt. Le taux repo, celui auquel empruntent les banques commerciales indiennes, a été rehaussé de 50 points de base, passant à 4,90 %. L’enjeu pour l’institution émettrice est de contenir une inflation record sans nuire à la croissance de la sixième économie mondiale.

Début mai, la RBI avait déjà procédé à une augmentation inopinée de ce taux à hauteur de 40 points de base, une première en près de quatre ans. Jusque-là, la RBI avait pris le parti de maintenir des taux bas afin de favoriser la reprise de l’économie postpandémie de Covid-19. Depuis mars 2020, elle avait baissé le taux du repo de 115 points de base. Mais la flambée de l’inflation mondiale provoquée par la guerre en Ukraine l’a poussée à réaliser une première revalorisation, quelques heures à peine avant que la Réserve fédérale américaine n’annonce sa plus importante hausse de taux en plus de vingt ans, le 4 mai.

La RBI continue donc sur cette lancée. « La guerre en Europe perdure, et nous sommes chaque jour confrontés à de nouveaux défis qui accentuent les perturbations existantes dans les chaînes d’approvisionnement. En conséquence, les prix des denrées alimentaires, de l’énergie et des marchandises demeurent élevés », a déclaré Shaktikanta Das, le 8 juin, à l’issue de deux jours de réunion du comité de politique monétaire de l’institution. L’Inde dépend à plus de 80 % des importations pour son approvisionnement en pétrole brut, et est aussi le plus grand importateur mondial d’huiles comestibles.

« Tout est plus cher »

Depuis l’invasion russe de l’Ukraine, le 24 février, le géant du Sud asiatique a donc vu les prix fortement augmenter dans tous les secteurs. Au mois d’avril, l’inflation a enregistré son plus haut niveau en huit ans. L’indice à la consommation des prix s’est établi à 7,79 % en glissement annuel et l’inflation des denrées alimentaires a, quant à elle, atteint les 8,38 %. Pour le quatrième mois d’affilée, l’inflation se situe au-dessus du seuil de tolérance de 6 % fixé par la banque centrale.

« Tout est plus cher à cause de la hausse des prix du pétrole et, depuis le début de l’année, le prix des tomates est passé de 30 à 50 roupies [de 0,36 à 0,60 euro] le kilo. Là où les clients achetaient 1 kilo de légumes auparavant, ils se limitent aujourd’hui à 500 grammes, leur panier a diminué de moitié », explique Sonu, un vendeur de légumes installé dans le marché populaire de Kotla, dans le sud de New Delhi. La vague de chaleur précoce qui s’est abattue sur l’Inde depuis le 11 mars a également mis à mal les récoltes de blé, de mangues mais aussi de tomates, élément essentiel de la cuisine indienne, accentuant la pression à la hausse, qui pèse particulièrement sur les ménages les plus pauvres.

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via LeMonde

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