« L’Iran n’accepte rien de plus que l’accord nucléaire »

Saeed Khatibzadeh, le 8 mars 2021, à Téhéran.

Saeed Khatibzadeh est porte-parole et vice-ministre des affaires étrangères iranien. De passage à Paris, mercredi 29 septembre, il pose les conditions pour une reprise des négociations sur le programme nucléaire iranien, toujours dans l’impasse depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau président Ebrahim Raïssi à Téhéran. Il estime en particulier que les Etats-Unis doivent lever toutes les sanctions imposées au pays pour espérer un sauvetage de l’accord JCPoA de 2015.

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Le ministre iranien des affaires étrangères a indiqué que votre pays serait prêt à revenir « très bientôt » à la table des négociations nucléaires. Que veut dire ce « très bientôt » ?

C’est ce qui a été dit le jour où le nouveau gouvernement iranien est arrivé au pouvoir. Deux éléments sont à prendre en compte. L’Iran a examiné l’opportunité de reprendre les négociations, et nous sommes arrivés à la conclusion que nous allons certainement les reprendre. Ensuite, il y a une deuxième phase qui porte sur l’évaluation de toutes les négociations qui ont déjà été menées pour en clarifier toutes les dimensions, avant d’entrer dans un dialogue actif et efficace. Dès que cette réévaluation sera effectuée, nous ne perdrons pas une heure avant d’arriver à Vienne.

Les Occidentaux considèrent que plus le temps passe, moins cela est valable de renégocier l’accord car l’Iran en profiterait pour poursuivre son programme nucléaire…

Je comprends votre inquiétude. Mais quand le président [américain Joe] Biden est arrivé au pouvoir, combien de jours a-t-il fallu attendre avant que les Américains n’entrent de nouveau dans les discussions ? A l’époque, il n’y avait pas ce désir européen pour ranimer la négociation. Ils nous disaient sans arrêt : « Attendez, soyez patients, cela ne pas tarder. Les Américains sont en train d’évaluer la situation, ils viendront certainement à Vienne. » Je doute qu’il faille attendre autant que le gouvernement Biden a attendu avant que notre gouvernement n’adhère de nouveau aux négociations de Vienne. Cela ne fait jamais que cinquante jours que le nouveau gouvernement iranien a pris ses fonctions.

Allez-vous demander des choses supplémentaires, notamment sur la levée des sanctions ?

Nous nous demandons pourquoi six séances de négociations successives à Vienne n’ont rien donné. Il faut en évaluer les raisons et les insuffisances. Il faut corriger une pathologie, pour changer les points qui sont restés insatisfaits. Dans cette histoire, les Etats-Unis sont la partie qui a quitté l’accord nucléaire, la partie qui a imposé des sanctions unilatérales, qui a causé la souffrance du peuple iranien, et entraîné des milliards de pertes pour l’économie iranienne. Les Etats-Unis ont même puni ceux de leurs partenaires qui voulaient commercer avec l’Iran.

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via LeMonde

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