L’Italie nationalise les autoroutes contrôlées par la famille Benetton

Un camion à l’entrée de Milan, sur l’autoroute A1 en direction de Naples, le 24 avril 2006.

Le compromis a été long à se dessiner, mais l’affaire est désormais conclue. Lundi 31 mai, près de trois ans après l’effondrement du pont Morandi de Gênes, qui a fait 43 morts et traumatisé l’Italie tout entière, l’assemblée des actionnaires de la holding Atlantia, contrôlée par la famille Benetton et dont la gestion semble à l’origine du drame, a voté en faveur de la cession de sa participation de 88 % dans le concessionnaire autoroutier Autostrade per l’Italia (ASPI), pour un prix de 7,9 milliards d’euros.

Privatisé en 1999, ce groupe autoroutier gérant au total plus de 3 000 kilomètres d’autoroutes, du nord au sud du pays, revient donc dans le giron de l’Etat italien : l’acquéreur est un consortium constitué de la Caisse des dépôts italienne (pour 51 %) et de deux fonds d’investissement, BlackRock et Marcquairie (24,5 % chacun).

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La famille Benetton perd donc le contrôle de cet actif extrêmement rentable (l’année précédant le drame de Gênes, ASPI avait déclaré un bénéfice de 968 millions d’euros pour environ 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires). En échange, elle reçoit une somme de 2,4 milliards d’euros (les Benetton détiennent 30 % de la holding Atlantia). Dans le même temps, elle conjure la menace d’une révocation pure et simple de sa concession, agitée par le gouvernement italien depuis le lendemain du drame.

Négociations houleuses

Le schéma de l’accord avait été défini en juillet 2020, mais les négociations sur la valorisation de l’ensemble ont été longues et houleuses. C’est que le débat était au moins autant politique que financier : comment l’Etat italien pourrait-il verser de l’argent à Atlantia alors que sa gestion défaillante de la manutention du pont − le groupe aurait lésiné sur la maintenance afin d’améliorer ses marges – semble, d’après un faisceau de preuves accablantes, à l’origine de ce drame sans précédent, qui a coûté la vie à 43 personnes ?

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Dès le lendemain de la catastrophe, le Mouvement 5 étoiles (antisystème) et plusieurs autres responsables politiques avaient réclamé une révocation pure et simple de la concession, et faisait de l’expropriation des Benetton une question de principe. Mais la procédure, rendue très difficile par les termes du contrat de concession, était susceptible d’engendrer une série de recours d’actionnaires minoritaires, le tout pour un résultat très incertain.

« Nous sommes très amers » Egle Possetti, porte-parole de l’association des victimes du 14 août 2018

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via LeMonde

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