L’ONU prolonge de six mois le passage transfrontalier de l’aide humanitaire en Syrie


Sur cette photo fournie par l’ambassade des Etats-Unis en Turquie, Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies, examine du matériel d’aide au poste frontière de Bab Al-Hawa entre la Turquie et la Syrie, le 3 juin 2021. L’ONU a décidé, mardi 12 juillet 2022, de prolonger de six mois le passage transfrontalier de l’aide humanitaire en Syrie.

Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) a adopté, mardi 12 juillet, une résolution prévoyant un prolongement de six mois, jusqu’au 10 janvier 2023, du mécanisme d’aide transfrontalière à la Syrie. La durée a été imposée par la Russie alors que tous ses partenaires souhaitaient prolonger l’aide une année de plus.

Le texte a été adopté par douze voix sur quinze, celles de la Russie, de la Chine et des dix membres non permanents du Conseil de sécurité. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France se sont abstenus pour marquer leur désaccord avec une durée qu’ils jugent insuffisante pour planifier correctement l’acheminement de l’aide.

« La Russie a forcé la main de tout le monde : soit le dispositif était fermé, soit il était prolongé de six mois » et « on ne pouvait pas laisser des gens mourir », avait résumé, auprès de l’Agence France-Presse, un ambassadeur lors de l’accord de principe survenu lundi entre les quinze membres du Conseil de sécurité sur une nouvelle prolongation.

Pour être adopté, un texte doit recueillir au moins neuf voix sur quinze sans vote négatif d’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine).

Réouverture du passage à la frontière entre la Syrie et la Turquie

La résolution prévoit la reprise par l’ONU de l’utilisation du point de passage de Bab Al-Hawa, à la frontière entre la Syrie et la Turquie, qui n’était plus accessible aux Nations unies depuis dimanche soir après l’expiration de l’autorisation onusienne. Créé en 2014, le mécanisme transfrontalier permet d’acheminer de l’aide humanitaire, sans autorisation de Damas, à plus de 2,4 millions de personnes dans la région d’Idlib (Nord-Ouest) qui demeure sous contrôle de groupes djihadistes et des rebelles.

Le texte adopté, porté par l’Irlande et la Norvège, intègre la possibilité d’une nouvelle extension du dispositif en janvier 2023 pour six mois, sous réserve de l’adoption d’une nouvelle résolution, comme l’avait proposé la semaine dernière la Russie. Tant l’Irlande que la Norvège se sont dites « soulagées » mardi que le mécanisme transfrontalier puisse continuer à fonctionner. « Il est scandaleux que la Russie ait une fois de plus réussi à faire chanter les membres du Conseil, cette fois en réduisant la période de renouvellement à six mois afin que l’autorisation expire au milieu de l’hiver », a réagi dans un communiqué l’ONG Human Rights Watch.

Vendredi, Moscou avait mis son veto à une prolongation pour un an du mécanisme, sous une forme quasi automatique de « six mois-six mois », comme l’ONU en avait décidé il y a un an. En juillet 2021, la prolongation avait recueilli l’unanimité du Conseil de sécurité.

Dialogue interactif informel tous les deux mois

La résolution demande aussi, au plus tard le 10 décembre, un rapport spécial au secrétaire général de l’ONU sur les besoins humanitaires et exige un exposé tous les deux mois sur l’application du dispositif et de celui qui permet l’acheminement d’une aide humanitaire à partir de Damas à travers les lignes de front.

La Russie considère que le mécanisme transfrontalier viole la souveraineté de Damas et veut privilégier depuis longtemps l’aide humanitaire à travers les lignes de front à partir de la capitale syrienne. L’ONU considère avoir besoin jusqu’à présent des deux dispositifs pour répondre aux besoins des Syriens. La résolution réclame par ailleurs d’accentuer les efforts humanitaires dans les domaines de l’eau, de l’assainissement, de la santé, de l’éducation, de l’électricité, ainsi que pour des « projets de réhabilitation rapide » en matière d’abris.

Les Occidentaux, qui se refusaient jusqu’à présent à soutenir tout début de reconstruction en Syrie tant qu’aucune réforme politique n’était entreprise, semblent avoir assoupli leur position sur ce sujet crucial pour Moscou, qui n’a pas les moyens de financer des pans entiers de l’économie syrienne, détruite depuis le début de la guerre en 2011.

Autre concession faite à la Russie : la résolution encourage un dialogue interactif informel du Conseil de sécurité tous les deux mois avec des donateurs, les parties régionales concernées et les organisations humanitaires sur, notamment, les « projets de réhabilitation rapide ».

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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