L’UE dégèle ses relations avec la Biélorussie

Distribution de nourriture aux migrants dans la région de Grodno (Biélorussie), le 23 novembre 2021.

Officiellement, le ton reste ferme et la menace de sanctions est toujours agitée. « L’Europe n’est pas confrontée à une crise migratoire, mais à une tentative de déstabilisation par un régime totalitaire non reconnu par l’UE », a accusé, mardi 23 novembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devant le Parlement de Strasbourg. Charles Michel, son homologue du Conseil, a quant à lui évoqué une inadmissible « tentative d’intimidation » pour décrire la manœuvre du régime dictatorial de Minsk, qui a tenté de faire pénétrer massivement des migrants sur le territoire des Vingt-Sept.

En réalité, l’attitude de l’Union européenne à l’égard du régime biélorusse, avec lequel, en principe, il avait fermé tous les canaux diplomatiques, pose de plus en plus de questions.

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Mardi, la Commission insistait sur l’importance des nouvelles dispositions qu’elle a adoptées : un cadre juridique qui permettrait de sanctionner les compagnies de transport impliquées dans un trafic de migrants, comme les 7 698 qui, selon un décompte établi à Bruxelles, seraient arrivés en Biélorussie avant d’être envoyés manu militari vers les frontières de l’UE. Soit 4 222 en Lituanie, 3 062 en Pologne et 414 en Lettonie. Quelque 40 000 personnes au total ont, depuis le début de l’année, tenté de quitter le territoire biélorusse, selon la Commission. Des Irakiens et des Afghans en grande majorité, mais aussi des citoyens biélorusses qui tentaient de fuir la dictature du président Alexandre Loukachenko.

Echanges en principe gelés

Si elle est entérinée par les Etats membres, la proposition présentée mardi autorisera les Vingt-Sept à suspendre ou à limiter les opérations de compagnies organisant le transport d’individus par voie terrestre, maritime ou aérienne, voire à les interdire dans l’UE. « La majorité de la flotte de la compagnie [biélorusse] Belavia est constituée d’avions loués à des entreprises de l’Union, a souligné Charles Michel. Une décision va être prise pour y mettre fin. Elle est imminente. »

Ces compagnies, issues pour l’essentiel du Golfe, de pays arabes ou de Turquie, ont, en réalité, déjà été clairement identifiées. Elles pourraient, en théorie, se voir interdire le survol du territoire de l’Union, le droit de transit ou d’escale, ou encore celui d’assurer des services au départ, à destination, ou à l’intérieur de l’Union.

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Cette arme lourde sera-t-elle vraiment utilisée, ou la mise en garde vaut-elle seulement pour l’avenir ? « Nous avons d’abord pratiqué la diplomatie douce et des compagnies se sont pleinement engagées pour lutter contre ce trafic. Elles sont volontaires pour arrêter l’afflux de personnes vers la Biélorusse », commentait, mardi, la commissaire aux transports, Adina Valean. Un propos qui laisse entendre que c’est surtout une forme d’apaisement qui est recherchée.

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via LeMonde

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