L’UE propose sa « boussole stratégique » sur fond de crise biélorusse

Le chef de la diplomatie de l’Union européenne, Josep Borrell lors d’une réunion à Brasilia, le 4 novembre 2021.

A quoi sert une boussole ? A trouver la bonne direction quand on est perdu, puis à garder le cap. L’expression « boussole stratégique », adaptée de l’anglais compass, n’est donc pas forcément la plus heureuse pour exprimer un volontarisme nouveau en matière de sécurité et de défense européenne.

C’est pourtant la tonalité que le chef de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Josep Borrell, entend donner au projet qu’il présente, lundi 15 novembre, aux ministres des affaires étrangères des Vingt-Sept, à Bruxelles, sur fond de crise biélorusse : le moment est venu de passer au hard power car, écrit-il dans la préface de cette « Boussole stratégique », « l’Europe est en danger ».

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Le dernier document de la Commission européenne fixant les orientations stratégiques de la politique de sécurité et de défense commune, conçu par la prédécesseure de M. Borrell au poste de haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, Federica Mogherini, remonte à 2016.

Le monde a changé depuis – et pas pour le mieux : l’orientation générale de ce nouveau projet reflète clairement la dégradation de l’environnement international ainsi que l’impératif pour l’UE d’être capable de répondre elle-même aux menaces directes qui en résultent. Il propose la création d’une capacité autonome européenne de déploiement rapide, susceptible de répondre à une diversité de missions, en évitant les travers des dispositifs passés. Les citoyens de l’UE, explique Josep Borrell au Monde, attendent d’elle qu’elle puisse « assurer leur sécurité ». Autrement dit, résume l’ancien ministre espagnol : « Se projeter à l’extérieur, s’unir à l’intérieur, protéger les Européens ».

Crise à la frontière orientale de l’UE

Il y a urgence. Au moment où les ministres des affaires étrangères des Vingt-Sept, puis ceux de la défense, se réunissent à Bruxelles en ce début de semaine, la crise née d’une « attaque hybride » du régime biélorusse contre la Pologne, la Lituanie et la Lettonie sur la frontière orientale de l’UE concentre toutes les attentions.

Ici, l’arme utilisée par le dictateur de Minsk, Alexandre Loukachenko, que Bruxelles accuse de chercher à déstabiliser l’UE, est celle de l’instrumentalisation de milliers de demandeurs d’asile, bloqués dans une situation humanitaire désastreuse entre militaires biélorusses et polonais. La tension monte chaque jour.

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Parallèlement en ce début d’hiver, les Européens font face à une autre tension, sur leur approvisionnement en gaz dont 30 % dépendent de la Russie. Le président Vladimir Poutine a compris depuis longtemps la valeur géopolitique de l’énergie et il sait s’en servir, qu’il s’agisse de la puissante Allemagne ou de la petite Moldavie.

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via LeMonde

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