« L’Union européenne doit restaurer sa tradition de soutien aux luttes sociales et politiques des pays latinoaméricains »

Tribune. Au mois de janvier, lors de l’intervention qui a marqué le début de la présidence européenne du Portugal, le premier ministre, Antonio Costa, a désigné l’Inde comme un partenaire prioritaire de l’Union européenne. Plus récemment encore, le nouveau leader de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) allemande, Armin Laschet, a prôné une ouverture pragmatique envers l’Asie. Autrefois partenaires indispensables des Européens, les pays d’Amérique latine semblent être devenus des acteurs géopolitiques secondaires, malgré les tentatives, souvent frustrées, d’avancer dans les négociations pour l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur.

Le retrait de notre région de l’arène internationale est incontestable. Le Brésil est aux prises avec un gouvernement qui sabote la lutte contre la pandémie de Covid-19 et isole le pays. L’absence de dialogue entre Brasilia et Buenos Aires empêche le Mercosur d’agir pour réduire l’instabilité institutionnelle au Pérou, en Bolivie ou encore en Equateur. Enfin, une terrible crise politique et économique a fait décliner le Venezuela, autrefois une puissance régionale.

« L’Union européenne a besoin de l’aMérique latine, avec laquelle elle partage des intérêts stratégiques »

Il est important de souligner que les divergences idéologiques n’ont jamais été un obstacle à la coopération interrégionale en Amérique latine, bien au contraire. Sous le leadership du gouvernement Lula (2003-2010), au Brésil, nous menions avec nos partenaires d’Amérique latine et des Caraïbes un programme d’ambition continentale porté par l’intégration industrielle et le multilatéralisme. Forte et unie, l’Amérique latine joua un rôle certain dans la réponse internationale à la crise financière de 2008.

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Ce qui rend la période actuelle unique est que le Brésil est représenté par un gouvernement qui nie le rôle géopolitique de l’Amérique latine.

Pour faire face à cette situation que nous voulons transitoire, l’Europe doit restaurer sa tradition de soutien aux luttes sociales et politiques en Amérique latine. Elle ne peut pas se limiter à suivre mécaniquement Washington dans la politique des sanctions au Venezuela ou en Bolivie, victime d’une intervention inconstitutionnelle soutenue par l’Organisation des Etats américains [OEA – dont le rapport d’experts concluait, en décembre 2020, à une « manipulation délibérée » de l’élection présidentielle du 20 octobre 2019 en Bolivie, conduisant Evo Morales à la démission]. Bruxelles doit réaffirmer son attachement à des solutions régionales.

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via LeMonde

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