L’Union européenne met la société de mercenaires russe Wagner sous sanctions

Les ministres européens des affaires étrangères, lors la réunion du Conseil des affaires étrangères de l’Union, à Bruxelles, le 13 décembre 2021.

Le propos se voulait martial : à la sortie de la réunion du Conseil des affaires étrangères, lundi 13 décembre, à Bruxelles, c’est de « sanctions sans précédent », de « conséquences politiques graves » et d’un « coût économique très élevé » qu’était menacée la Russie, au cas où elle interviendrait militairement contre l’Ukraine.

C’est toutefois une action indirecte contre le pouvoir russe qu’ont lancée les ministres européens en décrétant des sanctions contre la société de sécurité privée Wagner, visant huit personnes et trois sociétés qui lui sont liées, accusées d’avoir financé les activités de mercenaires russes en Ukraine, en Libye et en Syrie. La nébuleuse Wagner, réputée proche du Kremlin, est accusée par les Vingt-Sept de violations des droits humains et d’organisation d’opérations clandestines au profit de la Russie. Les sanctions décidées concernent principalement des interdictions de voyage et des gels d’avoirs.

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Le fondateur du groupe, Dmitri Outkine, est visé pour avoir notamment organisé le déploiement de combattants dans l’est de l’Ukraine. Evgueni Prigojine, généralement présenté comme le principal financier de la société, a, lui, été visé par des sanctions dès 2020 pour des « activités de déstabilisation » et son implication présumée dans l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny. Fondateur présumé de l’Internet Research Agency et de ses « usines à trolls » – il le nie –, l’homme est aussi sanctionné aux Etats-Unis pour son interférence dans l’élection présidentielle américaine de 2016.

Présence en République centrafricaine

Les sociétés dans le collimateur des Européens sont impliquées dans la production de pétrole et de gaz en Syrie, où elles ont obtenu des contrats très avantageux de la part de Damas. L’Union espère que ses mesures décourageront d’autres pays de recourir aux services des mercenaires russes. Le Mali est aussi mis en garde : la junte au pouvoir à Bamako, qui s’est rapprochée de Wagner, risque d’être la cible de prochaines mesures restrictives.

Les révélations sur le rôle de Wagner en République centrafricaine, où la société a pris le contrôle d’un bataillon formé par la mission de l’Union européenne dans ce pays, ont apparemment renforcé la détermination des Vingt-Sept. La Russie a initié au maniement d’armes russes, avec l’aide de « consultants » en réalité issus de sociétés privées, des troupes qui avaient été auparavant instruites par la mission européenne.

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Moscou dément tout lien avec des groupes militaires ou paramilitaires. Mais leur action concertée avec les organes de l’Etat russe, notamment en Afrique subsaharienne, où Moscou poursuit des objectifs géostratégiques et économiques, est une évidence. Le lien est particulièrement serré avec le ministère de la défense, dont Wagner a fréquemment utilisé les infrastructures.

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via LeMonde

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