L’Union européenne promet une aide humanitaire d’un milliard d’euros à l’Afghanistan

Le premier ministre italien Mario Draghi pendant la conférence de presse qui a suivi le sommet virtuel du G20, àRome, le 12,octobre 2021.

Les talibans afghans ont rencontré pour la première fois une délégation conjointe des Etats-Unis et de l’Union européenne (UE), mardi 12 octobre à Doha, le jour même où les dirigeants du G20 se sont engagés à travailler ensemble pour éviter une catastrophe humanitaire en Afghanistan.

Les pourparlers directs à Doha entre représentants des talibans, des Etats-Unis, du Canada, de l’UE et de plusieurs pays européens, – dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni –, ont été facilités par le Qatar, pays proche des talibans. Ces discussions devaient « permettre aux Etats-Unis et aux Européens d’aborder des problèmes » tels que la liberté de déplacement pour les personnes désirant quitter l’Afghanistan, l’accès à l’aide humanitaire et les droits des femmes, selon la porte-parole de l’UE, Nabila Massrali.

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A l’ouverture du sommet du G20, l’UE a promis un milliard d’euros, dont une partie est destinée aux besoins humanitaires urgents et aux voisins de l’Afghanistan qui avaient accueilli les Afghans fuyant les talibans après la prise du pouvoir de ces derniers mi-août. Confrontés à la paralysie de l’économie et l’imminence d’une grave crise humanitaire, ces islamistes radicaux cherchent à obtenir un soutien international, bien que leur régime ne soit encore reconnu par aucun pays.

« Eviter un effondrement humanitaire »

« Une aide spécialisée pour les vaccinations, l’hébergement, ainsi que la protection des civils et des droits humains » est également prévue, a précisé Mme Massrali. « Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter un effondrement humanitaire et socio-économique majeur en Afghanistan », a dit la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les dirigeants du G20 ont réaffirmé leur promesse d’apporter de l’aide humanitaire à Kaboul, tout en rappelant qu’ils restaient « extrêmement concentrés » sur la lutte contre le terrorisme, a indiqué Washington. Le régime taliban est lui-même confronté à la menace du groupe djihadiste Etat islamique, qui a mené une série d’attaques meurtrières en Afghanistan ces derniers mois.

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Le chef du gouvernement italien Mario Draghi a souligné que le G20 envisageait « un mandat général » aux Nations unies (ONU) afin de superviser la réponse internationale aux problèmes socio-économiques de l’Afghanistan. Mais selon lui, il est encore « tôt » pour une reconnaissance du régime des talibans bien qu’une « sorte d’implication » de leur part serait nécessaire pour fournir l’aide à leur pays.

La France s’est montrée « inquiète de l’isolement économique du pays » et de ses « 600 000 déplacés », des facteurs pouvant avoir un « effet déstabilisateur ».

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« Interagir » avec les talibans

En amont des discussions de Doha, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, avait affirmé que l’UE cherchait avant tout à prévenir un « effondrement » de l’Afghanistan. « Nous ne pouvons pas nous contenter de regarder et d’attendre. Nous devons agir, et rapidement ».

« Il y a une différence entre un dialogue pragmatique, pratique, sur nos intérêts nationaux majeurs que sont pour nous le contreterrorisme, la liberté de déplacement, les droits humains », et « toute sorte de reconnaissance ou de légitimation des talibans », a aussi prévenu mardi à Washington le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price, tout en saluant des rencontres « positives » et « productives ».

Durant le week-end à Doha, les talibans avaient déjà rencontré des responsables américains, premier face à face depuis la prise du pouvoir à Kaboul. Leur chef de la diplomatie, Amir Khan Muttaqi, a ensuite appelé les Etats-Unis à établir de « bonnes relations » et à ne pas « affaiblir l’actuel gouvernement afghan ».

La reprise du pouvoir par les talibans est une « réalité dont nous devons tenir compte. Le plus important maintenant est d’interagir avec eux », a déclaré Mutlaq Al-Qahtani, émissaire spécial du Qatar pour l’Afghanistan, esquivant une question sur la reconnaissance éventuelle du régime des talibans par son pays.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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