Maksym Boutkevytch, militant des droits de l’homme, capturé par les forces russes

Oleksandr Boutkevytch ne se sépare plus d’une petite liasse de feuillets recouverts d’une écriture verte hâtive depuis que lui et son épouse ont décidé de rendre publique la capture de leur fils, Maksym Boutkevytch, par les forces armées russes. La liste recense toutes les activités de ce militant des droits de l’homme et journaliste bien connu de Kiev. « De temps en temps, je me souviens de quelque chose et je l’ajoute », explique l’homme, calme et doux, avant d’en faire la lecture.

Maksym Boutkevytch, 45 ans le 16 juillet, s’est illustré dans de nombreux combats antifascistes et antiracistes durant ces vingt dernières années. L’homme est le fondateur du Centre des droits de l’homme Zmina et le cofondateur de la radio indépendante Hromadske. Il a siégé au conseil international d’Amnesty International et travaillé au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. A partir de 2006, il a cofondé et coordonné le projet « No Borders », qui vise à aider les demandeurs d’asile et les migrants en Ukraine.

Très peu d’informations

Maksym Boutkevytch a décidé de s’engager dans les forces armées ukrainiennes le soir du 24 février, au premier jour de l’invasion déclenchée par le président russe, Vladimir Poutine. A ses parents, il avait expliqué que la guerre représentait « une menace pour les valeurs qu’il essayait de développer et mettre en place en Ukraine », raconte son père. Huit ans plus tôt, en 2014, lorsque le conflit dans l’est du pays entre les séparatistes soutenus par Moscou et l’armée ukrainienne avait commencé, cet antimilitariste ne s’était pas engagé. « Il pensait qu’il serait plus utile en aidant les déplacés », explique Oleksandr Boutkevytch.

Le fils a intégré les rangs de l’armée ukrainienne le 4 mars. Entre son départ et l’annonce de la capture de son peloton par les forces russes dans la région de Louhansk, entre le 21 et le 24 juin, les parents de Maksym Boutkevytch n’ont reçu que très peu d’informations. « Généralement, il envoyait des messages sur WhatsApp : “Ne vous inquiétez pas, tout va bien pour moi.” Le dernier message, c’est le 18 juin. »

Et puis, le 24 juin, des proches de Maksym Boutkevytch préviennent son père que les forces russes ont publié une vidéo dans laquelle il se fait interroger. Sur les images, l’ex-militant des droits de l’homme reconverti en militaire explique que le peloton au sein duquel il se battait a été encerclé par l’armée russe alors qu’ils étaient en mission dans l’oblast de Louhansk. Tous les soldats, un peu plus d’une dizaine, auraient été capturés.

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via LeMonde

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