Malgré les pressions, Emmanuel Macron refuse toujours de rapatrier les femmes djihadistes et leurs enfants détenus par les Kurdes en Syrie

Depuis une semaine, une dizaine de femmes françaises provenant des rangs de l’organisation Etat islamique (EI) et détenues dans des camps du nord-est de la Syrie ont entamé une grève de la faim pour obtenir leur rapatriement en France avec leurs enfants. Plus de 120 femmes et plus de 300 enfants français – et non pas 200 comme il est souvent écrit – sont détenus par les forces kurdes syriennes depuis la chute de Baghouz, dernier bastion du « califat » de l’EI en Syrie.

Cette grève de la faim, une première depuis le début de leur détention, s’est accompagnée de plusieurs autres initiatives visant à faire évoluer une situation complètement bloquée. Ainsi, Pascale Descamps, 55 ans, dont la fille souffre d’une tumeur au côlon, est en grève de la faim depuis le 1er février pour obtenir son rapatriement sanitaire et son jugement devant les tribunaux.

L’exécutif, lui, préfère éviter le sujet tant il est sensible dans l’opinion publique. Après la fuite dans la presse d’un projet de rapatriement massif il y a deux ans, l’Elysée avait reculé face aux réactions très hostiles confirmées par un sondage. Depuis, c’est le blocage. Des rapatriements sporadiques, dits « au cas par cas », s’effectuent selon des critères difficiles à évaluer : 35 enfants, présentés comme orphelins, ont rejoint la France depuis 2019. Dans les faits, leurs mères – réelles ou adoptives – doivent décider dans la précipitation si elles acceptent de s’en séparer, sans espoir d’avoir ensuite des nouvelles ou de les rejoindre plus tard.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Les Militants du djihad » : les visages du djihadisme européen

Une délégation de parlementaires français arrivée à Erbil

Pour la première fois surtout, une délégation de parlementaires français est arrivée, samedi 27 février, à Erbil, au Kurdistan irakien, dans le but de visiter les camps d’Al-Hol et de Roj au Rojava, le Kurdistan syrien, où sont détenues les Françaises ainsi que leurs enfants. Le groupe, composé de deux députés ex-La République en marche, Frédérique Dumas (Libertés et territoires, Hauts-de-Seine) et Hubert Julien-Laferrière (Ecologie démocratie solidarité, Rhône), deux députés européens, Mounir Satouri (Europe écologie-Les Verts) et Sylvie Guillaume (Parti socialiste), et des avocats Marie Dosé et Ludovic Rivière, n’a pas pu entrer dimanche en Syrie. Les autorités kurdes syriennes arguaient de considérations de sécurité. La délégation devait effectuer une nouvelle tentative lundi 1er mars. Depuis début janvier, des délégations belge, autrichienne et catalane ont pu visiter les camps de familles de djihadistes au Rojava.

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via LeMonde

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