Migrants dans la Manche : la tension monte entre la France et le Royaume-Uni

Emmanuel Macron, en présence du premier ministre croate Andrej Plenkovic, jeudi 25 novembre, à Zagreb.

Fidèle à son « en même temps », Emmanuel Macron a opté pour un ton ferme promettant de mieux protéger les frontières sans oublier l’humanisme, assure son entourage, après la tragédie survenue à Calais, mercredi 24 novembre, où plus d’une vingtaine de migrants ont péri dans la Manche à la suite du naufrage de leur embarcation de fortune. « La question migratoire est une question sensible. Mais on ne va pas tout à coup se convertir aux thèses de l’extrême droite ni basculer dans l’angélisme. Sur ce sujet, on a intérêt à montrer que le chemin qui combine humanité, responsabilité et coopération européenne est la seule voie de passage », souligne le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, alors que le président de la République a assuré que « la France ne laisserait pas la Manche devenir un cimetière ».

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Mais, sur ce sujet, l’Europe doit traiter avec un ancien Etat membre, le Royaume-Uni, pour qui la question migratoire est un enjeu crucial de politique intérieure. Dès vendredi matin, la coopération espérée avec Londres semblait mise à mal, avec l’annulation par le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, de l’invitation formulée auprès de son homologue britannique, Priti Patel, à la réunion prévue dimanche 28 novembre à Calais, entre les ministres chargés de l’immigration belge, allemand, néerlandais, ainsi que la Commission européenne. Objectif de la rencontre : définir les moyens de renforcer la coopération policière, judiciaire et humanitaire pour mieux lutter contre les réseaux de passeurs. Selon Matignon, il faut, pour être efficace, apporter « une réponse à l’échelle européenne ».

Les autorités françaises ont peu goûté le manque d’élégance du premier ministre britannique, Boris Johnson, qui, dans la soirée de jeudi, a rendu publique une lettre adressée à Emmanuel Macron, avant même que le président français n’en ait eu connaissance. De surcroît, la proposition qui y figure, consistant à demander à la France de reprendre les immigrés arrivant en Grande-Bretagne, est jugée « inadmissible » par Paris. « Je suis surpris des méthodes quand elles ne sont pas sérieuses », a critiqué Emmanuel Macron, interrogé sur ce courrier lors d’une conférence de presse à Rome, vendredi matin, à l’issue de la signature d’un traité avec l’Italie. « On ne communique pas d’un dirigeant à l’autre sur ces questions-là par tweets et par lettres qu’on rend publiques, nous ne sommes pas des lanceurs d’alerte. Allons, allons », a insisté le président français. Cette lettre est « indigente sur le fond et totalement déplacée sur la forme », a fustigé, vendredi matin, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, sur BFM-TV.

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via LeMonde

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