Mikheïl Saakachvili défie le premier ministre, Irakli Garibachvili, affirmant être revenu en Géorgie

Mikheïl Saakachvili à Kiev, le 24 avril 2020.

Depuis plusieurs jours, il a mis en scène son retour. Mikheïl Saakachvili, l’ex-président géorgien en exil a annoncé être rentré en Géorgie, vendredi 1er octobre, malgré la menace des autorités de l’arrêter s’il revenait dans ce pays du Caucase confronté depuis des mois à une crise politique.

« J’ai risqué ma vie et ma liberté pour rentrer », affirme M. Saakachvili dans une vidéo de deux minutes vingt publiée sur Facebook dans laquelle il dit se trouver dans la ville côtière géorgienne de Batoumi. « J’appelle tout le monde à aller voter pour le Mouvement national uni [MNU] », le principal parti d’opposition dont il est le fondateur, ajoute-t-il. Dans cet enregistrement, il se filme, souriant, capuche noire sur la tête, avec comme fond une ville de nuit.

Elections municipales

Président de 2004 à 2013, il avait annoncé son retour au pays pour ce week-end, à l’occasion de la tenue, samedi, d’élections municipales, considérées comme un test pour le parti au pouvoir. Toutefois, le ministère de l’intérieur géorgien a affirmé à la chaîne Formula TV que « Saakachvili n’avait pas franchi la frontière ».

L’ex-président, en exil depuis 2013, avait publié lundi la photographie d’un billet d’avion à destination de Tbilissi pour samedi soir, jour des élections locales. Le lendemain, le premier ministre, Irakli Garibachvili, avait assuré que si l’ex-chef de l’Etat « mettait le pied sur le sol géorgien, il serait immédiatement arrêté et emprisonné ».

Exilé en Ukraine

Mikheïl Saakachvili, 53 ans et qui dirige une instance gouvernementale chargée des réformes en Ukraine, est accusé par la justice géorgienne d’abus de pouvoir ; une affaire qu’il juge politique.

La Géorgie est plongée dans une crise politique depuis l’année dernière, lorsque les partis d’opposition ont dénoncé des fraudes massives lors des élections législatives remportées de justesse par le parti au pouvoir, Rêve géorgien.

En mai, le président du Conseil européen, Charles Michel, a négocié un accord de sortie de crise, mais en juillet le Rêve géorgien s’en est retiré unilatéralement, suscitant les critiques de l’Union européenne et des Etats-Unis.

Dans son message vidéo lundi, M. Saakachvili a insisté sur le fait que l’accord devait être respecté, qualifiant les élections locales de samedi de « référendum » contre Bidzina Ivanichvili, fondateur du Rêve géorgien – formation politique favorable à une économie libérale et à un rapprochement avec l’Occident – et homme le plus riche du pays. M. Ivanichvili assure s’être retiré de la vie politique quand ses détracteurs l’accusent, eux, d’être le vrai maître du gouvernement.

Personnage polarisant, Mikheïl Saakachvili est pour ses partisans le héros de la « révolution des roses », en 2003, qui avait évincé les élites postcommunistes. Mais il est aussi l’homme de la défaite dans la guerre de 2008 contre la Russie, et ses détracteurs dénoncent son penchant autoritaire.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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