Miss Nevada, une reine de beauté transgenre en campagne

Kataluna Enriquez, à Las Vegas (Nevada), le 22 juillet 2021.

Elle est prête, plus déterminée que jamais. Lundi 29 novembre, Kataluna Enriquez sera la première femme transgenre à concourir pour le 70e titre de Miss USA, qui aura lieu à Tulsa, en Oklahoma. Une immense fierté pour cette Américaine de 28 ans, et l’aboutissement d’un long parcours semé d’obstacles. « Cette participation signifie beaucoup pour moi, livre-t-elle. Ça me permet d’amplifier les combats que je porte. Je ne suis pas seulement en compétition pour un titre, mais aussi pour avoir une chance de changer l’histoire et les normes qui ont empêché tant de personnes de devenir ce qu’elles veulent. »

Kataluna Enriquez a déjà marqué les esprits en décrochant l’écharpe de Miss Nevada, le 27 juin. Jamais une femme transgenre n’avait atteint ce niveau dans un Etat américain, ticket d’entrée pour le concours national. « L’histoire est en marche », a salué l’organisation de Miss Nevada. « Kataluna représente le meilleur du Nevada, car c’est la diversité de notre peuple qui fait notre force, a renchéri le gouverneur démocrate de l’Etat, Steve Sisolak. Le Nevada ne pourrait être plus fier de ses réalisations, et nous sommes impatients de l’encourager lorsqu’elle représentera notre Etat en novembre. »

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Des encouragements que la jeune femme n’a pas toujours entendus. Originaire des Philippines, Kataluna Enriquez est arrivée aux Etats-Unis à l’âge de 10 ans et a grandi à San Leandro, en Californie. Une jeunesse qu’elle décrit comme très solitaire. « Depuis mon plus jeune âge, on m’a constamment dit : “Ne fais pas ça, ne joue pas à ça, n’agis pas comme ça”, et on se moquait de moi, se souvient-elle. J’ai dû vivre différemment, avec pour résultat des intimidations et des attaques. » Sur sa fiche de présentation au concours, elle confie avoir été victime « de violences physiques et sexuelles ». « Je ne suis pas courageuse, affirme-t-elle aujourd’hui. Je fais ce que je fais pour survivre, m’épanouir et être comme tout le monde. »

Porte-drapeau de la communauté LGBTQ +

La presque trentenaire, qui vit à Las Vegas, a commencé en 2015 à se présenter à des concours de beauté transgenres. « Quand j’étais plus jeune et que je regardais ce type de compétitions, je ne voyais que des femmes-objets et hypersexualisées, se rappelle-t-elle. Puis, j’ai appris à écouter ces femmes, les histoires qu’elles ont à partager, et compris que l’on pouvait définir sa propre beauté. »

C’est à cette époque que, faute de revenus suffisants pour s’offrir ses tenues de gala, Kataluna Enriquez a pris aiguilles et ciseaux pour confectionner des vêtements correspondant à sa silhouette. Avec quelques déboires qu’elle raconte en souriant, comme, à ses débuts, cette compétition où elle a été obligée de tenir sa toilette qui menaçait de se faire la malle.

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via LeMonde

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