Mort d’Archie Battersbee, jeune Britannique au cœur d’une bataille judiciaire sur l’arrêt des soins


La mère d’Archie Battersbee, Hollie Dance (à droite), s’adresse aux médias devant l’hôpital Royal London à Whitechapel, dans l’est de Londres, le 3 août 2022.

Au terme d’une âpre bataille judiciaire menée par ses parents contre le système de santé, Archie Battersbee, le jeune Britannique de 12 ans en état de mort cérébrale depuis quatre mois, est mort samedi 6 août après l’arrêt des soins qui le maintenaient en vie.

« Archie est mort à 12 h 15 aujourd’hui », a déclaré à la télévision Hollie Dance, la mère du jeune garçon plongé dans le coma, dans un hôpital londonien, depuis le mois d’avril. Les traitements qui maintenaient le garçon en vie avaient été interrompus environ deux heures auparavant, après que ses parents eurent épuisé toutes les voies de recours, devant la justice britannique et européenne, pour s’opposer à l’arrêt des soins puis pour demander son transfert dans un établissement de soins palliatifs.

Archie Battersbee avait été retrouvé inconscient chez lui le 7 avril et n’a pas repris connaissance depuis. Selon sa mère, il aurait participé à un défi sur les réseaux sociaux consistant à retenir sa respiration jusqu’à l’évanouissement.

Plongé dans un profond coma, le garçon n’avait plus aucune réaction, ne pouvait pas respirer sans assistance, et le corps médical estimait qu’il n’avait aucun espoir de rétablissement. Ses parents affirmaient au contraire avoir constaté des signes de vie.

Les recours de la famille rejetés par la justice

Le 31 mai, la justice britannique l’avait déclaré mort, une décision contre laquelle ses parents, refusant que l’hôpital débranche les machines qui le maintiennent en vie, avaient fait appel.

Mardi 2 août, la Cour suprême britannique a rejeté leur demande de continuer les traitements. Mercredi, deux heures avant la fin programmée de la vie du garçon, les parents ont de nouveau fait appel, cette fois devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), repoussant l’échéance fatidique. Mais dans la soirée, celle-ci avait rejeté leur recours, jugeant leur requête irrecevable.

Ses parents, Hollie Dance et Paul Battersbee, qui sont soutenus par une organisation chrétienne, ont dû se résoudre à laisser leur fils mourir. Ils avaient engagé d’ultimes recours en justice pour que l’enfant quitte le Royal London Hospital de Whitechapel, dans l’est de Londres, et soit transféré dans un établissement de soins palliatifs pour l’arrêt des soins, en vain.

« En prenant en compte les souhaits de la famille et ses motivations, les équipements en maison de soins, ce qu’Archie aurait voulu, les risques d’un transfert et sa santé de plus en plus fragile (…) je pense qu’il est dans son intérêt de rester à l’hôpital pour l’arrêt des soins », avait estimé la juge de la Haute Cour de Londres vendredi. L’hôpital jugeait son état trop instable pour un transfert, qui aurait pu « très probablement accélérer la dégradation redoutée par les parents ».

Le Royaume-Uni a, dans un passé récent, déjà été marqué par deux autres affaires comparables. En avril 2018, un enfant de 23 mois, Alfie Evans, atteint d’une maladie neurodégénérative rare, était mort après un long combat judiciaire de ses parents contre l’arrêt des soins. Ses parents avaient notamment reçu le soutien du pape François, qui avait lancé plusieurs appels pour le maintien en vie du garçonnet. En 2017, Charlie Gard, atteint d’une maladie génétique rare, était mort peu avant son premier anniversaire, après l’arrêt de la ventilation artificielle, malgré la multiplication des recours par ses parents.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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