Mort de Breonna Taylor aux Etats-Unis : des poursuites fédérales engagées contre quatre policiers


Des proches de Breonna Taylor, dont sa mère, Tamika Palmer (au centre), défilent à Louisville (Kentucky), le 23 mars 2021, en hommage à l’Américaine de 26 ans tuée lors d’une perquisition un an plus tôt.

Le ministre de la justice américain a annoncé, jeudi 4 août, des poursuites fédérales contre quatre policiers impliqués dans la mort de l’Afro-Américaine Breonna Taylor, abattue dans son appartement de Louisville (Kentucky) en 2020 et devenue une icône du mouvement Black Lives Matter.

La justice locale n’avait poursuivi qu’un seul des agents impliqués dans le drame, non pas pour la mort de la jeune femme mais pour avoir « mis en danger » son voisin en déchargeant son arme au travers d’une cloison. L’acquittement de ce dernier, au mois de mars, avait été perçu comme un déni de justice par les militants antiracistes.

La justice fédérale, qui a mené son enquête en parallèle, a finalement décidé de le poursuivre « pour usage excessif de la force », a annoncé l’attorney général, Merrick Garland, lors d’une conférence de presse. Elle a également inculpé trois de ses anciens collègues pour avoir menti sur le mandat de perquisition à l’origine du drame. « Les accusés savaient que le mandat contenait des informations fausses et trompeuses et que d’autres avaient été omises », a expliqué M. Garland lors d’une conférence de presse.

Ils « savaient que cela pouvait créer une situation dangereuse et nous soutenons que ces actes illégaux ont entraîné la mort de Mlle Taylor », a-t-il ajouté. Les trois agents, qui n’avaient pas pris part au raid, avaient ensuite « pris des mesures pour couvrir leurs méfaits » et notamment menti aux agents fédéraux du FBI, selon M. Garland.

Breonna Taylor a reçu une vingtaine de balles

Le 13 mars 2020, trois agents de la police de Louisville avaient fait irruption en pleine nuit au domicile de Breonna Taylor, une aide-soignante de 26 ans, dans le cadre d’une enquête pour trafic de stupéfiants visant son ancien petit ami. Son nouveau compagnon, Kenneth Walker, avait cru qu’il s’agissait de cambrioleurs et avait tiré un coup de feu avec une arme détenue légalement. Les policiers avaient riposté et Breonna Taylor avait reçu une vingtaine de balles.

Les agents étaient munis d’un mandat dit « no knock », les autorisant à enfoncer la porte sans avertissement. Ils assurent s’être tout de même annoncés, ce que conteste M. Walker. La mort de Breonna Taylor n’avait pas attiré beaucoup d’attention dans un premier temps, mais elle est revenue sur le devant de la scène quelques mois après dans le cadre des grandes manifestations antiracistes qui ont agité les Etats-Unis après la mort de George Floyd, un quadragénaire noir étouffé par un policier blanc à Minneapolis, le 25 mai 2020.

Pour mettre un terme à une plainte au civil, la mairie de Louisville a accepté de verser 12 millions de dollars à la famille de Breonna Taylor et d’engager de premières réformes de sa police. Ses forces de l’ordre font par ailleurs l’objet d’une enquête du gouvernement fédéral sur leurs pratiques.

Le Monde

via LeMonde

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