Naufrage de migrants : à Calais et à Dunkerque, des rassemblements en hommage aux victimes

Place Richelieu à Calais, le 25 novembre 2021.

Environ 200 personnes, essentiellement des militants associatifs et quelques exilés, se sont réunies, jeudi 25 novembre, en début de soirée à Calais pour rendre hommage aux 27 migrants morts la veille dans un naufrage.

Vingt-quatre heures après ce drame, « on s’est réunis parce que 27 personnes singulières, avec leurs familles et leurs amis, leurs rêves et leurs espoirs, ont disparu hier », a expliqué, lors de cette commémoration, dans le centre de Calais Juliette Delaplace, responsable locale de la mission du Secours catholique auprès des exilés.

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Des militants et des membres d’associations de défense des droits des migrants allument des bougies devant une banderole sur laquelle on peut lire « 309 morts à la frontière France - Royaume-Uni depuis 1999 », lors d’un rassemblement devant le port de Calais, le 25 novembre 2021.

Minute de silence

Les soutiens des migrants, réunis depuis 18 h 30, ont observé une minute de silence et déployé une banderole portant les noms de la plupart des 309 personnes ayant trouvé la mort à cette frontière entre la France et la Grande-Bretagne depuis 1999, selon un décompte associatif. Cela porte donc le nombre des décès à 336, avec les victimes du naufrage mercredi, selon ce décompte.

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« Je me sens très triste. Je ne les connaissais pas, mais je suis venu dire à mes frères [migrants] d’être prudents », a confié à l’Agence France-Presse Faysal, un Soudanais de 30 ans qui vit dans les rues de Calais depuis quatre mois. Lui qui voulait aussi tenter la traversée vers la Grande-Bretagne est en train de changer d’avis, dit-il : « Je vois qu’il y a beaucoup de morts ».

A Dunkerque, le 25 novembre 2021.

« On doit s’indigner »

A Dunkerque aussi, plus loin sur le littoral, quelque 150 personnes se sont retrouvées devant la stèle des droits de l’homme, à l’appel du collectif Ripostons : pour le respect des droits fondamentaux.

Parmi eux, les maires de Dunkerque, Patrice Vergriete (divers gauche), et de Grande-Synthe, Martial Beyaert (Parti socialiste), dont la localité accueille, comme Calais, des flux permanents de migrants.

« On doit s’indigner par rapport à cette politique française et britannique qui met les exilés en situation de n’avoir pour seul recours que les passeurs, le scandale des passeurs », a lancé Bernard Champagne au nom de la Ligue des droits de l’homme.

M. Vergriete a, pour sa part, plaidé pour « un système de distribution des demandes d’asile à l’échelle européenne », un système qui éviterait de mettre les exilés « dans les mains des mafias de passeurs ».

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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