« Ne perdez pas l’espérance » a lancé le pape aux chrétiens d’Irak

Le pape François à son arrivée à l’église de l’Immaculée Conception de Qaraqosh (Irak), le 7 mars 2021.

Au troisième jour de sa visite en Irak, dimanche 7 mars, le pape François a enfin rencontré la foule. Elle était au rendez-vous sur le passage de sa voiture blindée, à son arrivée, à midi, à Qaraqosh, ville qui était à 95 % chrétienne lorsque l’organisation Etat islamique (EI) s’en est emparée à l’été 2014. Tout au long des rues, les habitants étaient massés pour l’accueillir. Lorsqu’il a pénétré dans l’église de l’Immaculée Conception, les youyous étaient à la hauteur de la liesse. Plusieurs centaines se pressaient en costumes traditionnels, et l’enthousiasme faisait fi de toute distance sanitaire.

En partie détruite dans la guerre contre l’EI, l’église est aujourd’hui toute pimpante. Inaugurée en 1948, elle est la fierté de la ville. « Les habitants en ont eux-mêmes fourni et travaillé les pierres, les briques, la chaux », témoigne le père Ephrem, dominicain du cru qui a fondé l’association Entre deux rives, qui intervient dans le domaine de l’éducation.

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Les travaux devaient durer jusqu’à Pâques mais l’annonce de la venue du pape François il y a trois mois les a accélérés de façon spectaculaire. « Les gens ont mis de l’acharnement pour finir la restauration », ajoute le religieux. Le sous-préfet a fait nettoyer et décorer la ville et le gouverneur (musulman) de Mossoul, qui a une maison ici, a fait avancer les choses.

« De l’amour »

Le pape François à l’église de l’Immaculée Conception de Qaraqosh (Irak), le 7 mars 2021.

Au sortir de l’occupation de la localité par l’EI, en novembre 2016, elle était loin d’avoir cet aspect impeccable. « Il y avait des traces de brûlé, l’autel était cassé et la cour était devenue un champ de tir de Daech et des balles étaient encore là », témoigne le dominicain. Aujourd’hui encore, le mur du fond est à vif. Sous l’impact de milliers de balles, le revêtement de pierre a disparu pour laisser apparaître le béton armé. De l’une des colonnes il ne reste que la ferraille.

« On espère que les gens seront mieux après sa venue. Nous devons vivre avec les musulmans comme des frères et ce n’est pas facile » déclare Andy, 27 ans

Andy a attendu pendant des heures l’arrivée du pape dans l’église. Sur son trente-et-un, le jeune homme de 27 ans espère avec ferveur une chose du pape François : « de l’amour ». En 2014, lors de l’arrivée de l’EI, il a fui avec sa famille à 70 km de là, vers Ankawa, le quartier chrétien d’Erbil, au Kurdistan irakien. C’est là qu’il a achevé ses études de pharmacie ; il travaille aujourd’hui à l’hôpital de Qaraqosh. Lorsqu’il est revenu, en 2017, la maison de sa famille était détruite. Ils en ont reconstruit une partie. « On espère que les gens seront mieux après sa venue, dit-il. Nous devons vivre avec les musulmans comme des frères et ce n’est pas facile. Ils sont aujourd’hui plus nombreux à Qaraqosh. »

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via LeMonde

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