Neuf ans de prison pour le premier Hongkongais condamné par la loi de sécurité nationale

Tong Ying-kit arrivant au Tribunal de West Kowloon à Hong Kong le 6 juillet 2020.

La justice d’exception, mise en place par la loi de sécurité nationale il y a un an à Hongkong, a rendu sa première condamnation, vendredi 30 juillet : neuf ans de prison pour un manifestant qui avait foncé à moto en direction d’un barrage de police. Tong Ying-kit, qui avait participé aux manifestations contre une loi d’extradition vers la Chine en 2019, a été reconnu coupable de faits de terrorisme pour son attaque contre la police et d’incitation à la sécession pour avoir attaché à sa moto un drapeau noir marqué du slogan « Libérer Hongkong, révolution de notre temps ». Le procès est un tournant pour le territoire, où les libertés individuelles ont fortement reculé depuis l’imposition de la loi de sécurité nationale (LSN), le 30 juin 2020.

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Juges sélectionnés par la chef de l’exécutif

Le 1er juillet 2020, au lendemain de la promulgation de cette loi, Tong Ying-kit avait parcouru le quartier de Wanchai sur sa moto à laquelle était fixée une bannière marquée de ce slogan des manifestations de l’été 2019. Lorsque des policiers ont tenté de l’arrêter une première fois, il a accéléré et foncé sur un autre barrage policier, blessant légèrement trois agents avant d’être appréhendé. Il était en détention provisoire depuis. La défense affirme qu’il a perdu le contrôle du véhicule. Le jeune homme, âgé de 23 ans à l’époque, avait participé comme secouriste aux manifestations qui ont secoué Hongkong l’année précédente.

Tong Ying-Kit avait été reconnu coupable, mardi 27 juillet, des chefs de « terrorisme » et d’« incitation à la sécession » , alors que les juges ne s’étaient pas prononcés sur le chef de « conduite dangereuse ». Les magistrats ont estimé que le slogan était « capable d’inciter d’autres personnes à commettre un acte de sécession » et qu’il était par conséquent illégal. Vendredi, le tribunal des peines a rendu son verdict : six ans et demi pour sécession et huit ans pour terrorisme, des peines pouvant être partiellement servies en même temps, d’où un total de neuf ans d’emprisonnement. Le jeune homme risquait la prison à perpétuité.

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Selon les termes de la LSN, le prévenu s’était vu refuser une libération sous caution. Là où les crimes sont habituellement jugés par un jury à Hongkong, son cas a été décidé par trois juges directement sélectionnés par la chef de l’exécutif, Carrie Lam. De quoi anéantir l’indépendance de la justice, qui restait l’un des piliers de l’exception hongkongaise, par rapport à la Chine continentale.

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via LeMonde

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