« Nous continuerons de soutenir les femmes qui désirent mettre fin à une grossesse, de nous battre partout où elles sont menacées »

Criminaliser l’avortement pour en abolir la pratique est un leurre : une femme qui ne désire pas une grossesse trouvera toujours le moyen d’y mettre un terme. Tous les moyens. Toujours. Quels qu’en soient les risques. Telle est la réalité que nous, soignantes et soignants, rencontrons partout où nous intervenons.

Criminaliser l’avortement ne met pas fin aux avortements, mais les rend plus dangereux pour les femmes, pour leur sécurité et pour leur santé. C’est notre point de départ et notre préoccupation principale. Chaque année, 121 millions de femmes tombent enceintes sans en avoir fait le choix. 60 % d’entre elles y mettent un terme et 45 % de ces avortements ne sont pas médicalisés.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’au moins 39 000 femmes meurent chaque année des suites d’un avortement clandestin, sans compter les sept millions d’autres hospitalisées en raison de complications. Nous, soignantes et soignants, nous ne pouvons pas rester passifs.

Agir hors la loi quand cette dernière ne protège plus

Notre mission est de soigner toutes les personnes, quels que soient leurs choix personnels. L’avortement est un soin, un soin de santé de base, un soin vital dans de nombreuses situations. Nous prenons la mesure de notre responsabilité. Elle nous oblige à agir hors la loi quand cette dernière ne protège plus, exclut et va à l’encontre des normes en santé reconnues internationalement.

Nous continuerons de soutenir les femmes qui désirent mettre fin à une grossesse, nous continuerons de nous battre contre celles et ceux qui refusent de soigner les femmes partout où leurs droits et leur santé sont menacés. Plus de 40 % des femmes dans le monde vivent dans un pays qui met leur vie en danger en interdisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

L’annulation par la Cour suprême des Etats-Unis de l’arrêt Roe vs Wade, vendredi 24 juin, menace désormais les droits et la santé de 40 millions de femmes américaines, alors que d’autres pays – comme la Colombie, le Bénin ou la République démocratique du Congo – ont connu des avancées majeures ces dernières années sur le droit à l’avortement. Au-delà d’être éminemment sexiste et rétrograde, cette décision est irresponsable.

Créer et soutenir des réseaux de solidarité

Cette décision pourrait provoquer une terrible onde de choc dans le monde. Ils veulent rendre les femmes criminelles, ils feront de nous, soignantes et soignants, des criminels avec elles. Nous continuerons de répondre à leurs besoins et leurs demandes si elles se tournent vers nous.

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via LeMonde

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