« Nous sommes prêts à mourir » : en Birmanie, le bras de fer se poursuit entre l’armée et les prodémocratie

Une manifestation prodémocratie à Mandalay, dans le centre de la Birmanie, le 7 mars.

La répression se poursuit en Birmanie à l’encontre des manifestants prodémocratie, qui sont, à nouveau, descendus dans les rues par milliers, dimanche 7 mars. Plusieurs blessés ont été signalés en marge des rassemblements à travers le pays.

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A Bagan, dans le centre, non loin du vaste site archéologique célèbre pour ses pagodes centenaires, des détonations ont été entendues. « Un adolescent de 18 ans a reçu une balle dans la mâchoire », a rapporté à l’Agence France-Presse un secouriste, tandis qu’un média local faisait état d’« au moins cinq personnes blessées ».

A Rangoun, la capitale économique du pays, la police a de nouveau tiré pour disperser des rassemblements. D’autres rassemblements se tiennent à Mandalay (centre), la deuxième ville de Birmanie, et à Dawei (sud) où plusieurs protestataires ont été tués ces derniers jours.

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Le mouvement prodémocratie a, par ailleurs, appelé à une mobilisation massive dimanche et lundi. « Si nous appelons à la désobéissance civile et à la grève sans descendre dans les rues, ce n’est pas suffisant. Nous devons maintenir notre combat au plus haut niveau. (…) Nous sommes prêts à mourir », a déclaré Maung Saungkha, une des têtes d’affiche de la contestation.

Les médias d’Etat ont averti que les fonctionnaires grévistes « seront licenciés à partir du 8 mars ». Car, ces appels à la grève ont des conséquences importantes sur de nombreux secteurs de l’économie birmane − déjà très fragile : banques incapables de fonctionner, hôpitaux fermés et bureaux ministériels vides.

Tirs à balles réelles

La peur est dans tous les esprits : plus de 50 personnes ont été tuées depuis le début de l’insurrection pacifique contre le coup d’Etat du 1er février. Des images largement diffusées ont montré les forces de sécurité en train de tirer à balles réelles sur des rassemblements et d’emporter les corps inanimés de manifestants.

Le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (PUSD), soutenu par l’armée, prend part aux attaques. Des membres du PUSD ont tué, vendredi, un représentant local de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi, et un adolescent de 17 ans, selon l’Association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP), une ONG birmane.

Samedi, les forces de sécurité ont continué à tirer à balles réelles sur des manifestants, d’après cette ONG birmane. Les médias d’Etat nient, pour leur part, toute implication de la police et de l’armée dans les décès de manifestants.

Des raids ont eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche, visant notamment des responsables de la LND. « On ne sait pas combien de personnes ont été interpellées », a fait savoir Soe Win, un des responsables du parti. Un avocat de la LND était aussi visé, mais les forces de sécurité ne l’ont pas trouvé. Selon un ex-député, « son frère a été battu (…) et torturé parce qu’il n’y avait personne à arrêter ».

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Dimanche, les médias d’Etat ont averti les députés qui ne reconnaissent pas la légitimité du coup d’Etat et ont créé un comité pour représenter le gouvernement civil qu’ils commettent « une haute trahison », passible de la peine de mort ou de vingt-deux ans de détention. Responsables locaux, hommes politiques, journalistes, militants, artistes : des centaines de personnes ont été interpellées depuis le 1er février.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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