Nouveaux échanges de tirs entre Israël et la bande de Gaza


Un missile du système israélien de défense aérienne Dome de fer illumine le ciel dans le centre de la bande de Gaza, le 21 avril 2022.

La crainte d’une nouvelle escalade militaire n’a pas disparu. Mercredi 20 avril soir, une roquette, – la seconde cette semaine –, a d’abord été tirée depuis la bande de Gaza pour s’abattre dans un champ de la localité israélienne de Sdérot (sud) sans faire de blessés. Dans la foulée, l’armée israélienne a mené une série de frappes dans le centre de ce microterritoire de 2,3 millions d’habitants, sous contrôle des islamistes du Hamas.

« Les jets de combat de l’armée israélienne ont ciblé des positions militaires et l’entrée d’un tunnel menant à un complexe souterrain où sont entreposés des produits chimiques utilisés pour propulser les roquettes », a déclaré l’armée israélienne.

Quatre autres roquettes tirées vers Israël

Peu après ces frappes israéliennes de représailles, quatre autres roquettes ont été tirées vers Israël, où elles ont été interceptées par le bouclier antimissile Dôme de fer, a fait savoir l’armée alors que les sirènes d’alarme retentissaient en plein milieu de la nuit dans des localités israéliennes voisines de la bande de Gaza.

« Les frappes sur la bande de Gaza vont accroître la détermination de notre peuple et de la résistance (…) afin de défendre nos lieux saints à Jérusalem et ce, peu importe les sacrifices », a dit, dans un communiqué, le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem.

Ces échanges de tirs – les seconds cette semaine et parmi les plus intenses depuis la fin de la guerre de onze jours entre Israël et le Hamas en mai 2021 – interviennent après des heurts ce week-end entre manifestants palestiniens et policiers israéliens sur l’Esplanade des Mosquées de Jérusalem, troisième lieu saint de l’islam et premier site sacré du judaïsme sous son nom de Mont du Temple.

La présence de juifs – qui peuvent visiter l’esplanade à des conditions et des heures précises mais ne peuvent y prier en vertu d’un accord tacite – et de policiers sur place pendant le ramadan, a été perçue par des Palestiniens et plusieurs pays de la région comme un geste de provocation.

La police israélienne a empêché mercredi soir des centaines de manifestants nationalistes juifs de s’approcher du quartier musulman de la Vieille Ville de Jérusalem où est située l’Esplanade des Mosquées, afin d’éviter des accrochages. Des organisations nationalistes avaient appelé à cette grande marche, une manifestation considérée comme un geste de « provocation » de la part du gouvernement.

Des manifestants nationalistes juifs bloqués par la police

Les forces de sécurité israéliennes empêchent les militants nationalistes de marcher vers la Vieille Ville de Jérusalem, le 20 avril 2022.

Plus d’un millier de manifestants arborant des drapeaux israéliens se sont rassemblés en début de soirée sur la place Tsahal, près de la mairie, en face de la Vieille Ville. Et des centaines de manifestants ont tenté de s’approcher de la porte de Damas, entrée principale du quartier musulman de la ville. Mais la police a bloqué les manifestants, incluant de nombreux partisans du député d’extrême droite Itamar Ben Gvir, qui avait été interdit d’accès à ces lieux plus tôt en journée par le premier ministre israélien, Naftali Bennett.

« Je ne permettrai pas que la provocation politique de Ben Gvir mette en danger les soldats et les policiers israéliens, et complique encore davantage leur mission », a dit le premier ministre.

« Je le dis clairement (…), je ne vais pas plier », a rétorqué à l’Agence France-Presse (AFP) M. Ben Gvir. « En vertu de quelle loi ne suis-je pas autorisé à entrer par la porte de Damas ? »

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est « profondément préoccupé par la détérioration de la situation à Jérusalem », a déclaré, mercredi, son porte-parole à New York. « Il est en contact avec toutes les parties afin de réduire les tensions, d’empêcher les actions et la rhétorique incendiaires ».

Vendredi et dimanche, des accrochages entre manifestants palestiniens et policiers israéliens avaient fait plus de 170 blessés sur l’esplanade des Mosquées, alors que coïncidaient les célébrations du mois musulman du ramadan et de Pessah, la pâque juive.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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