Nouvelle partie de dissuasion autour du détroit de Taïwan

Les mots se répondent, aussi lourds que les menaces d’une guerre, sur le détroit de Taïwan. Mercredi 14 juin, le ministère des affaires étrangères à Taipei a accusé Pékin de « tordre le droit international » en disant que le détroit séparant l’île du continent faisait partie de la zone économique exclusive de la Chine. Des déclarations qui ont « révélé les ambitions [de Pékin] d’annexer Taïwan », selon le ministère.

Le gouvernement démocratique taïwanais ripostait ainsi aux déclarations du porte-parole du ministère chinois, Wang Wenbin, lundi. La Chine « a la souveraineté, des droits souverains, et une juridiction sur le détroit de Taïwan », a affirmé ce dernier, ajoutant : « Il est faux de proclamer, comme certains pays le font, que le détroit relève des eaux internationales, dans le but de trouver un prétexte pour manipuler les problèmes liés à Taïwan. » Un avertissement que les militaires chinois ont répété en privé à leurs homologues américains, « à de nombreuses reprises et à tous les niveaux ces derniers mois », selon l’agence Bloomberg. Washington se tient depuis 1954, date de la première crise dans ce passage maritime, comme un allié auprès de Taipei, en lui livrant des armes.

Parce qu’il est très large (180 kilomètres), le détroit de Taïwan est assimilé à la haute mer et n’exige pas de règles pour le trafic des navires : par exemple qu’ils suivent des lignes séparées dans un sens et dans l’autre. Selon la Convention internationale sur le droit de la mer de Montego Bay, le passage peut s’y dérouler sans contraintes. « Le traverser relève de la navigation en haute mer, avec toutes les libertés qui s’y attachent », confirme Collin Koh, chercheur de la S. Rajaratman School of International.

Pressions militaires répétées

Mais depuis l’invasion de l’Ukraine, le monde s’inquiète plus que jamais de voir la Chine, comme la Russie vient de le faire, se lancer dans une aventure militaire pour prendre un territoire, Taïwan, qu’elle dit sien au nom du principe d’« une seule Chine ». Dans son environnement maritime proche, le régime de Pékin revendique de façon toujours plus ferme, au moyen de pressions militaires répétées, des droits historiques que l’ONU ne lui a jamais reconnus. Selon la presse officielle, le président Xi Jinping vient en outre de légaliser « les opérations des forces armées » qui ne relèvent pas de la guerre, mais pourront « préserver la souveraineté nationale chinoise ».

Le 30 mai, l’Armée populaire de libération (APL) a envoyé 30 avions dans la zone aérienne d’identification et de défense de l’île (large périmètre qui dépasse l’espace aérien national), dont deux Sukhoi 35, les chasseurs bombardiers russes que Moscou emploie aux frontières de l’OTAN. Le 17 mars, l’APL avait fait transiter son porte-avions Shandong dans le détroit, évènement qui ne s’était pas produit depuis la fin 2020.

Il vous reste 46.34% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess