« Objectif 45 % de renouvelables en 2035 : une transformation majeure du secteur européen de l’énergie »

Le plan REPowerEU de l’Union européenne (UE), qui vise à mettre fin à sa dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles russes, fixe des objectifs de production d’énergie renouvelable nécessitant une transformation majeure du secteur européen de l’énergie. Pour répondre à la demande d’électricité de l’Europe en l’absence de gaz russe, il faudra plus que quadrupler notre capacité d’énergie solaire et plus que doubler notre capacité d’énergie éolienne d’ici à 2030.

Cela signifie ajouter en moyenne 38 GW de nouvelles centrales éoliennes par an (à comparer aux 11 GW ajoutés en 2021) et 68 GW de nouvelles centrales solaires par an (à comparer aux 26 GW ajoutés en 2021). Ensemble, ces nouvelles capacités représentent les trois quarts de la puissance électrique existante en France en 2020. Elles nécessiteront un niveau d’investissement, de mobilisation et de coordination sans précédent des chaînes d’approvisionnement, des gouvernements, de l’industrie et de la société civile, à travers les frontières de l’UE.

Pour atteindre le nouvel objectif de 45 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2030, la Commission européenne a élaboré un plan pour accélérer et simplifier l’autorisation de permis, et pour identifier les régions d’implantation des énergies renouvelables (« go to zones »).

L’engagement local

Même si on laisse de côté la question de l’existence d’une volonté politique suffisante pour soutenir une telle accélération à moyen terme, ce plan a peu de chances de succès s’il ne s’attaque pas de toute urgence à quatre éléments manquants.

En premier lieu, l’engagement local. La construction rapide de nouvelles capacités d’énergies renouvelables nécessitera des engagements immédiats avec les communautés locales. L’accélération des autorisations de licences et de permis devra être menée par les gouvernements et les administrations centrales, mais une approche descendante sans coopération ni soutien au niveau local sera vouée à l’échec.

Inclure dès le début du processus les régions désignées comme « go to zones » sera particulièrement essentiel. Les communautés locales devront comprendre les avantages que le développement des énergies renouvelables apportera, sinon les gouvernements seront confrontés à des retards et à des contrecoups importants. Chaque retard d’une année signifierait qu’il faudra doubler le nombre d’installations l’année suivante.

Le stockage de l’énergie

Dans un deuxième temps, le stockage de l’énergie. Des volumes beaucoup plus élevés d’électricité renouvelable entraîneront plus de volatilité et d’intermittence sur les réseaux européens. Heureusement, la technologie existe déjà pour gérer cela. Le stockage sur batterie peut grandement contribuer à intégrer de nouvelles capacités d’énergies renouvelables. L’Europe aura besoin d’environ 187 GW de stockage d’ici à 2030, selon l’Association européenne du stockage de l’énergie, contre environ 30 GW actuellement

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via LeMonde

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