Origine du SARS-CoV-2 : le très sensible rapport de la mission à Wuhan se fait attendre

Peter Ben Embarek, le chef de la délégation de l’OMS qui a enquêté sur les origines de la pandémie de Covid-19, le 9 février à Wuhan (province chinoise du Hubei).

Sans cesse annoncé pour « la semaine prochaine » et sans cesse reporté, le rapport de la mission commune d’étude sur les origines du SARS-CoV-2 se fait attendre : plus de six semaines après la conférence de presse tenue à Wuhan pour en annoncer les conclusions saillantes, ni l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ni ses Etats-membres n’ont eu connaissance du texte.

Le 5 mars, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait annoncé que l’expertise tant attendue serait publiée dans la semaine du 15 mars. Le 16 mars, un porte-parole de l’OMS faisait savoir que « le rapport sera[it] très probablement publié la semaine prochaine ». Trois jours plus tard, comme en réponse, le porte-parole du gouvernement chinois précisait sur les réseaux sociaux occidentaux : « Les experts chinois ont reçu la version anglaise du rapport le 17 mars. La publication du rapport la semaine prochaine dépend des discussions entre les experts chinois et internationaux. »

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Le projet de texte, long de quelque 300 pages, doit en effet être validé par la Chine et la dizaine d’experts internationaux réunis par l’OMS avant d’être adopté. Un processus compliqué par la barrière de la langue, le texte devant être traduit avant examen par les autorités de Pékin. Désormais, il n’est plus question de « la semaine prochaine » : interrogée lundi 22 mars, l’organisation onusienne évoquait prudemment « les prochaines semaines ».

L’OMS veille d’ailleurs à prendre ses distances avec un texte que les cadres de l’institution disent n’avoir pas encore eu entre les mains, fût-ce dans sa version de travail. Le rapport ne sera ainsi pas stricto sensu celui de l’OMS, mais celui des scientifiques chinois et des chercheurs internationaux commis par l’institution. Une première prise de distance s’est d’ailleurs faite un jour après la conférence de presse de Wuhan, le 9 février, annonçant les conclusions saillantes de la mission. Celle-ci affirmait que l’hypothèse d’un accident de laboratoire comme origine de la pandémie était « hautement improbable », mais le lendemain, le directeur général de l’OMS réaffirmait que toutes les hypothèses restaient sur la table.

« Pas une enquête médico-légale »

Une fois l’expertise publiée, « l’OMS examinera le rapport et proposera les prochaines étapes aux Etats membres », dit-on sobrement au siège de l’organisation. Où l’on tient à rappeler que le format et l’étendue du champ d’action de la mission ont été définis par une résolution prise par les Etats-membres en mai 2020, et non par l’OMS elle-même.

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via LeMonde

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