Ouïgours : l’Union européenne prend des sanctions contre la Chine, qui réplique

Des travailleurs près d’un camp à Dabancheng au Xinjiang, en septembre 2018. Selon les ONG de défense des droits humains, plus d’un million de Ouïgours seraient ou ont été détenus dans des camps.

C’est une première depuis la répression du mouvement démocratique de la place Tiananmen en 1989. L’Union européenne (UE) a imposé, lundi 22 mars, des sanctions contre quatre responsables chinois dans le dossier ouïgour, cette minorité musulmane sévèrement réprimée. Ces mesures – interdictions de visas et gels d’avoirs – sont motivées par le traitement réservé aux Ouïgours dans le Xinjiang, région du nord-ouest de la Chine.

Elles ciblent notamment le directeur du Bureau de la sécurité publique du Xinjiang, Chen Mingguo, accusé de « graves atteintes aux droits de l’homme », de « détentions arbitraires et traitements dégradants infligés aux Ouïgours et aux membres d’autres minorités ethniques musulmanes, ainsi que d’atteintes systématiques à leur liberté religieuse ». Sont également concernés l’ancien responsable de cette province, Zhu Hailun, deux hauts responsables chinois, Wang Mingshan et Wang Junzheng, ainsi que le Bureau de la sécurité publique du corps de production et de construction du Xinjiang.

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Selon les défenseurs des droits de l’homme, plus d’un million de Ouïgours et d’autres minorités majoritairement musulmanes sont ou ont été détenus dans des camps dans cette région du nord-ouest, où la Chine est aussi accusée d’avoir stérilisé de force des femmes et imposé des travaux forcés.

Pékin accuse l’UE d’ingérence

Les représailles ne se sont pas fait attendre. Dans un communiqué, le ministère chinois des affaires étrangères a appelé l’UE à « corriger son erreur » et à ne pas interférer dans les affaires internes chinoises. « Cette décision, qui ne repose sur rien d’autre que des mensonges et de la désinformation, ignore et déforme les faits », a annoncé le ministère chinois des affaires étrangères dans un communiqué. Pékin dément toute atteinte aux droits de l’homme au Xinjiang et affirme que les camps de travail permettent de fournir une formation professionnelle aux populations locales et de lutter contre l’extrémisme.

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Pékin a annoncé lundi avoir pris des sanctions contre quatre entités et dix responsables européens, interdits de séjour en Chine continentale, à Hong Kong et à Macao et de faire des affaires en Chine.

Parmi ces personnalités accusées de « graves atteintes à la souveraineté et aux intérêts chinois, et de répandre des mensonges et des fausses informations malveillantes » figurent notamment les eurodéputés français Raphaël Glucksmann et allemand Reinhard Bütikofer, président de la délégation pour les relations avec la Chine du Parlement européen, ou encore le chercheur allemand Adrian Zenz, dont les rapports sur le sort des Ouïgours dans la province du Xinjiang ont suscité de vives remontrances de Pékin.

Les entités sanctionnées par Pékin sont le comité politique et de sécurité, une structure permanente du Conseil de l’UE, la sous-commission « droits de l’homme » du Parlement européen, l’Institut Mercator pour les études chinoises, basé à Berlin, et la fondation Alliance des démocraties, une ONG danoise.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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