Pandémie de Covid-19 : les dettes publiques européennes atteignent des records

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, au sommet de l’Union européenne (UE) à Bruxelles, le 25 juin 2021.

C’est un triste symbole, qui résulte de la pandémie de Covid-19. A la fin du premier trimestre, la dette publique de la zone euro a culminé à 100,5 % du produit intérieur brut (PIB), franchissant pour la première fois la barre des 100 %, selon les chiffres publiés jeudi 22 juillet par Eurostat. En France, où les montants d’endettement sont généralement plus élevés en début d’année – l’Agence France Trésor plaçant plus de dette auprès des investisseurs en cette période –, elle s’est élevée à 118 % du PIB, contre 100,8 % un an plus tôt. En Allemagne, elle s’est établie à 71,2 % du PIB et en Espagne, à 125,2 %. Elle a dépassé la barre des 150 % en Italie (160 %) et en Grèce (209 %).

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Ces hausses sont liées, bien sûr, à la récession déclenchée par la crise sanitaire. Celle-ci a gonflé les déficits publics en raison du tassement des recettes et, surtout, des mesures d’urgence et de relance déployées pour soutenir l’économie. En France, le « quoi qu’il en coûte » a creusé le déficit jusqu’à 9,2 % du PIB en 2020. L’évolution imprévisible du Covid-19 complique les prévisions, mais d’après le gouvernement, ledit déficit devrait se stabiliser autour de 9 % sur l’ensemble de 2021. La dette publique, elle, pourrait baisser un peu, pour avoisiner 117,2 % du PIB.

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Voilà qui ne manquera pas d’alimenter les débats tricolores, à moins d’un an de l’élection présidentielle. « Cette hausse est très forte, mais elle est à relativiser, et n’a rien à voir avec celle observée après la crise [financière] de 2008 », insiste Jean-François Robin, directeur de la recherche chez Natixis. D’abord, parce qu’elle est généralisée : l’ensemble des pays industrialisés ont vu leurs ratios d’endettement gonfler dans des proportions similaires, d’une quinzaine de points. « Cela limite les risques de “stigmatisation”, à savoir qu’un pays soit pris pour cible par les spéculateurs parce que la dette y aurait augmenté bien plus qu’ailleurs », ajoute M. Robin. C’est ce qui était arrivé à la Grèce en 2010.

Un cocktail de règles complexes

Surtout, les taux d’intérêt sont aujourd’hui très bas : ceux à dix ans de la France tournent autour de 0 %, alors qu’ils dépassaient 4 % en 2008. « Cela change complètement la donne, explique Eric Dor, économiste à l’Iéseg, une grande école de commerce. Le taux moyen d’emprunt est aujourd’hui très inférieur à la croissance : dans ces conditions, il n’est pas difficile de stabiliser l’endettement. » Si le niveau de dette publique mondiale était de 95 % du PIB en 2020, contre 59 % en 1995, les taux d’intérêt payés par les Etats ont été divisés par deux, en points de PIB, sur la même période. « Dit autrement : la baisse des taux a été plus importante que la hausse de la dette », résume Jean-François Robin.

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via LeMonde

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