Par un « vote historique », le moteur à explosion appelé à disparaître en Europe


Des députés du Parlement européen applaudissent après avoir voté l’interdiction de tout moteur thermique neuf dans l’Union européenne à partir de 2035, à Strasbourg, le 8 juin 2022.

Un dernier tour de piston et puis s’en va… Le Parlement européen a voté, mercredi 8 juin, pour l’interdiction des ventes de voitures et camionnettes neuves à moteur thermique dans l’Union européenne à partir de 2035. En dehors d’une niche réservée aux voitures de luxe, plus aucun moteur à essence ou diesel ne sera autorisé, ni même aucune motorisation hybride, à gaz (GPL, GNV), à agrocarburant (éthanol, agrodiesel) ou à carburant de synthèse. Dans treize ans, en Europe, ne pourront faire l’objet d’une première immatriculation que des véhicules émettant zéro CO2 lors de leur utilisation, de fait des voitures électriques ou à hydrogène.

Ce vote de Strasbourg n’est en réalité qu’une étape. Pour être appliquée, la nouvelle régulation devra passer par le Conseil européen des ministres de l’environnement, le 28 juin, qui pourra amender le texte, puis par un « trilogue » associant la Commission européenne, les députés et le Conseil. Cette négociation ne devrait aboutir à un règlement définitif qu’à l’automne. Pourtant, le scrutin du jour est chargé de symboles. Il programme la fin d’une vaste histoire, celle du moteur à explosion, qui aura marqué la technologie, l’industrie, l’économie, la culture des pays occidentaux, puis du monde entier, depuis cent cinquante ans.

« La pollution fait 300 000 morts prématurées par an en Europe »

« C’était serré, mais c’est un vote historique, confirme Lucien Mathieu, porte-parole pour la France de l’ONG bruxelloise Transport & Environment (T&E). Ce bannissement total du moteur thermique, en ligne avec les recommandations du GIEC, est notre seule chance de parvenir à nos objectifs climatiques. Il nous permet de réduire notre dépendance au pétrole. Il est bon pour la qualité de l’air – je rappelle que la pollution fait 300 000 morts prématurées par an en Europe. » Seul regret de T&E : que les députés européens n’aient pas choisi d’accélérer la transition. Le règlement prévoit donc une baisse des émissions de CO2 des véhicules (par rapport à 2021) de 15 % en 2025, puis de 55 % pour les voitures particulières (50 % pour les vans) en 2030 et enfin de 100 % en 2035.

La tonalité est inverse du côté des constructeurs. « C’est une décision contre le marché, contre l’innovation et les technologies modernes », a tempêté Hildegard Müller, présidente de la puissante fédération des constructeurs allemands VDA. En Europe, au premier trimestre 2022, les ventes de voitures 100 % électriques représentaient 10 % des immatriculations. En France, la part de marché du zéro émission monte à 12 % sur les cinq premiers mois de 2022 (contre 7 % pour la même période de 2021), mais les émissions de CO2 des véhicules neufs stagnent depuis août.

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via LeMonde

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