Paris et Bruxelles proches d’un accord sur Air France

Le bras de fer entamé depuis des semaines entre la France et Bruxelles est en passe de trouver son épilogue. Selon le quotidien Les Echos du vendredi 26 mars, Paris et la Commission européenne se seraient entendus sur le montant des contreparties aux aides financières apportées à Air France. « Il y a un accord en train d’émerger, mais rien de signé », admet-on du côté de la compagnie.

A l’origine, Bruxelles voulait imposer à Air France-KLM des contreparties de même ampleur que celles infligées à Lufthansa. La compagnie allemande avait été obligée d’abandonner 24 slots quotidiens, des créneaux d’atterrissage et de décollage, sur deux de ses principaux aéroports, à Francfort et Munich. Depuis des semaines, Paris bataille pour obtenir des concessions moindres. Les autorités françaises ont notamment souligné qu’au contraire des deux aéroports allemands, le nombre de slots à l’aéroport d’Orly est limité.

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In fine, Air France devra non seulement céder moins de slots que sa rivale Lufthansa, mais de surcroît, elle pourra en remettre plus au pot à Roissy qu’à Orly. Selon nos informations, l’accord trouvé entre Paris et Bruxelles devrait être entériné par le conseil d’administration de la compagnie aérienne dans les premiers jours d’avril. « La direction nous a demandé de bloquer des dates », a confirmé un administrateur.

Montée en capital

En revanche, rien n’est encore fait du côté de KLM. Les autorités néerlandaises n’ont pas arrêté avec la Commission européenne l’ampleur des concessions que devra faire la compagnie, notamment sur sa base d’Amsterdam-Schiphol, en contrepartie des aides financières qui l’ont, jusqu’ici, sauvé, de la faillite.

Après l’étape des contreparties, Paris et La Haye devront s’entendre sur la nouvelle gouvernance de la compagnie. A l’occasion de la recapitalisation d’Air France-KLM, la France devrait convertir son apport financier en montée au capital. L’Etat devrait porter sa participation à 30 %, contre 14,3 % aujourd’hui.

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Pas sûr que les Pays-Bas, qui détiennent 14 % des parts, accompagnent ce mouvement avec une progression de même ampleur. En février 2019, les Néerlandais étaient montés en force et par surprise au capital d’Air France-KLM. Mieux, plus de deux ans après cette intrusion inamicale, les Pays-Bas, qui bénéficient désormais de droits de vote doubles, peuvent revendiquer un administrateur supplémentaire.

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La direction d’Air France ainsi que les pilotes de la compagnie n’y seraient pas favorables. Ils soulignent qu’au contraire de la France, qui a apporté son aide financière à Air France-KLM, les autorités néerlandaises n’ont apporté leur secours qu’à la seule KLM. De plus, La Haye s’est montrée beaucoup plus chiche que Paris. Pour trouver une solution, les deux capitales pourraient se tourner vers le groupe de travail franco-néerlandais créé après le raid boursier des Pays-Bas au capital d’Air France-KLM.

via LeMonde

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