Paris favorable à un resserrement des liens entre l’OTAN et l’UE


Emmanuel Macron, dans la base militaire de l'OTAN Mihaïl-Kogalniceanu, en Roumanie, le 14 juin 2022.

Guerre en Ukraine oblige, Emmanuel Macron ne parle plus de « mort cérébrale » de l’OTAN, mais plutôt d’un « électrochoc » suscité par l’invasion russe sur une Alliance transatlantique désormais en pleine renaissance. Le chef de l’Etat n’en est pas moins vigilant sur le nouveau « concept stratégique » de l’organisation, qui doit être adopté lors du sommet de Madrid les 29 et 30 juin. Entre deux rendez-vous avec les chefs des partis politiques français, au lendemain des législatives, M. Macron a, d’après nos informations, détaillé ses exigences à Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN, lors d’un tête-à-tête à l’Elysée, mardi 21 juin.

L’affirmation de quelques grands principes se fera sans doute sans difficulté majeure à Madrid. La dernière version du concept stratégique, censé définir les principes, les tâches, les objectifs et les valeurs de l’OTAN, date de 2010, à un moment où la Russie était encore vue comme un « partenaire stratégique ». Le sommet sera dominé par les demandes d’adhésion de la Finlande et de la Suède, bloquées à ce stade par la Turquie. Sur cette épineuse question, M. Macron entend « demander de la clarté à la Turquie quant à son positionnement », à l’heure où personne ne sait si l’homme fort d’Ankara, Recep Tayyip Erdogan, sera prêt à transiger ou pas.

Mais si l’on entre dans le détail des discussions préparatoires, trois sujets font encore l’objet de vifs débats en coulisses, en particulier de la part de la France : la défense européenne, la posture de l’Alliance face à la Chine et les questions de financement de l’organisation. Au-delà de l’unanimité qui devrait prévaloir à Madrid sur la nécessité de poursuivre le soutien à l’Ukraine et de contrer la menace russe sur le flanc est de l’OTAN, des discussions serrées ont lieu sur le périmètre exact du nouveau « concept stratégique ».

« Conscience du défi géopolitique »

La France insiste pour que la complémentarité entre l’OTAN et l’Union européenne soit mentionnée, afin d’assurer la sécurité du continent. Il s’agit, selon Paris, de faire allusion à la défense européenne, dans l’esprit du compromis scellé entre Joe Biden et Emmanuel Macron afin de mettre un terme à l’affaire Aukus. Après l’annulation retentissante, en septembre 2021, de la vente de sous-marins français à l’Australie au profit de bâtiments nucléaires américains, Washington s’était engagé à soutenir le développement d’une défense européenne « en complément de l’OTAN ». Pour Paris, le nouveau concept de l’Alliance doit donc faire écho à cet engagement, repris par la « boussole stratégique » agréée au printemps par les Vingt-Sept, en soulignant la nécessaire coopération entre l’Alliance atlantique et l’Union européenne. « Or, nous n’y sommes pas encore », s’inquiétaient plusieurs sources françaises ces derniers jours.

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via LeMonde

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