Patrimoine de Vladimir Poutine : une mystérieuse « coopérative » de sociétés mise au jour grâce à des fuites de données


C’est l’un des secrets les mieux gardés de Russie : l’ampleur de la fortune de Vladimir Poutine, qui affiche un train de vie modeste et ne touche officiellement qu’un salaire de 11 000 euros par mois. Depuis des années, journalistes et ONG s’efforcent de cartographier le véritable patrimoine du président russe, soupçonné de détenir en sous-main de nombreuses propriétés immobilières de luxe, des yachts, des jets et des comptes bancaires.

Il n’avait, jusqu’à présent, jamais été possible de démontrer le lien entre M. Poutine et ces différents actifs, dont les propriétaires officiels, de richissimes oligarques ou des proches du président, sont soupçonnés de jouer les prête-noms pour son compte. Ainsi du somptueux « palais de Poutine » au bord de la mer Noire, estimé à 1 milliard de dollars (environ 950 millions d’euros) par l’opposant Alexeï Navalny, dont la propriété est revendiquée par le milliardaire Arkadi Rotenberg, ami de longue date et partenaire de judo du président russe. Mais aussi des vignobles voisins de la propriété – détenus par l’oligarque Guennadi Timtchenko et par le fils d’un ami d’enfance de M. Poutine. Ou encore de la station de ski russe Igora, reliée à Svetlana Krivonoguikh, réputée entretenir de longue date une relation amoureuse avec le maître du Kremlin.

Mais un détail en apparence anodin révélé, lundi 20 juin, par une enquête fouillée du consortium de journalistes d’investigation Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) et du média indépendant russe Meduza, permet pour la première fois de faire le lien entre 86 sociétés, qui détiennent plus de 4,5 milliards de dollars de biens immobiliers, yachts, jets privés et avoirs financiers présumés appartenir en réalité à Vladimir Poutine et son entourage. Toutes les structures de cette nébuleuse utilisent le même nom de domaine de messagerie : LLCinvest.ru, un serveur Web hébergé par une discrète entreprise informatique russe baptisée Moskomsvyaz, dont une partie des données internes ont fuité auprès de journalistes l’an dernier.

Jusqu’à présent, seules quelques sociétés gravitant autour de M. Poutine étaient connectées entre elles par des gérants ou des actionnaires communs tels que la Bank Rossia, parfois surnommée la « banque des copains de Vladimir Poutine ». Les révélations de l’OCCRP et Meduza, fondées sur la combinaison et l’analyse de plusieurs fuites de données, permettent désormais de relier de nombreuses entités qui n’avaient, a priori, aucun lien les unes avec les autres.

Il vous reste 43.33% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess