Paul Strauss, « sénateur fantôme » de Washington, DC, porte le combat des démocrates pour en faire le 51e Etat américain

« Il faut revenir sur une tradition honteuse : celle du déni d’égalité envers les populations qui ne sont pas blanches », estime le sénateur Paul Strauss.

« D’accord, il faudra[it] un nouveau drapeau, avec une étoile en plus, mais est-ce une raison pour refuser ? » Interrogé par Le Monde sur les arguments opposés à ceux qui veulent faire de Washington, DC, le 51e Etat américain, Paul Strauss est dubitatif.

Avec son collègue Mike Brown, c’est l’un des « sénateurs fantômes » (shadow senators) du district de Columbia, qui abrite la capitale fédérale, à ne pas confondre avec l’Etat de Washington, situé sur la côte ouest des Etats-Unis. Tous deux représentent les habitants de la ville, mais ne siègent pas au Congrès – comme c’est le cas dans certains territoires américains n’ayant pas le statut d’Etat, à l’instar de Porto Rico. Eleanor Holmes Norton, elle, est élue à la Chambre des représentants, mais n’y dispose que d’un statut d’observatrice. Ces trois démocrates sont les figures de proue du mouvement qui veut faire évoluer le statut de la capitale fédérale.

Une bataille à laquelle se joignent Muriel Bowser, la maire de Washington, DC, Nancy Pelosi et Chuck Schumer, les patrons du Parti démocrate au Congrès, ou encore Stacey Abrams, figure majeure de la formation, bien décidés à profiter de la vague bleue qui a porté Joe Biden à la Maison Blanche et permis aux démocrates de remporter la Chambre des représentants.

Car, depuis plus de deux siècles, les habitants de DC vivent dans un entre-deux juridique qui remonte à la fondation des Etats-Unis, mais qui représente une anomalie au XXIe siècle. Avec plus de 712 000 habitants, la capitale fédérale est aussi peuplée que des Etats comme le Vermont ou le Wyoming. Et, bien que ces derniers paient des impôts et servent dans l’armée, ils sont sous-représentés au Congrès. Une situation que certains n’hésitent pas à dénoncer jusque sur leur plaque d’immatriculation par la mention « taxation without representation » (les impôts sans les élus).

Question de justice sociale

Pour Paul Strauss, faire de Washington, DC, le 51e Etat est aussi une question de justice sociale, considérant que la ville est parfois surnommée « Chocolate City », en raison de sa forte population noire (71 % dans les années 1970, 45 % aujourd’hui) :

« Il faut revenir sur une tradition honteuse : celle du déni d’égalité envers les populations qui ne sont pas blanches. »

Mais pour cela, il faudra vaincre l’hostilité des républicains et emporter l’adhésion des trois cinquièmes du Sénat.

Le manque de représentation est inscrit sur les plaques d’immatriculation des habitants de Washington, par la mention « taxation without representation » (« les impôts sans les élus »).

Aux yeux des partisans de ce projet, c’est le comportement de Donald Trump et de ses partisans qui a renforcé l’urgence de transformer Washington en Etat de plein droit.

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via LeMonde

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