Pour l’ancien patron de Siemens, « l’Allemagne doit investir davantage dans son avenir »

L’ancien PDG de Siemens Joe Kaeser, lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de Siemens,  à Munich (Allemagne), le 3 février 2021.

De 2013 à février 2021, Joe Kaeser, 64 ans, a dirigé Siemens, un géant industriel mondial emblématique du « made in Germany », qu’il a profondément transformé. Le groupe est actif dans les infrastructures, les technologies industrielles numériques, les transports et le matériel médical. En 2020, il a porté en Bourse ses activités liées à l’énergie (conventionnelle et renouvelable) au sein d’une nouvelle entreprise, Siemens Energy, dont Joe Kaeser préside aujourd’hui le conseil de surveillance.

Vous êtes l’un des rares patrons allemands qui s’engagent ouvertement dans les débats de société, et vous êtes particulièrement engagé dans la lutte contre le changement climatique. Quand avez-vous compris que l’âge d’or des combustibles fossiles touchait à sa fin ?

Les signes étaient en fait décelables assez tôt, mais nous n’avons pas tous évalué la rapidité du changement de manière correcte. En définitive, l’augmentation des catastrophes naturelles, la raréfaction des ressources et l’émergence d’une importante classe moyenne dans le monde ont conduit à une prise de conscience accrue et à un vaste débat sur l’avenir de notre planète. Dans le même temps, les progrès technologiques ont permis de réduire considérablement les coûts des énergies renouvelables. Aujourd’hui, le coût par kilowattheure de l’énergie solaire et éolienne dans des endroits appropriés est à peu près le même que celui des centrales électriques au gaz.

La transition écologique doit être économiquement réalisable, sinon rien ne changera. Le mouvement des Fridays for Future (les manifestations du vendredi pour le climat) a également été un accélérateur du débat. C’était et c’est toujours une bonne chose.

Votre soutien à la candidate verte à la chancellerie, Annalena Baerbock, lors de l’élection du 26 septembre vous a valu des critiques dans les milieux économiques…

J’ai dit que je pense que les trois candidats [les deux autres sont Armin Laschet pour le camp démocrate-chrétien et Olaf Scholz pour les sociaux-démocrates] sont tous aptes à exercer la fonction. Mais à mon avis, c’est Annalena Baerbock qui a le plus grand potentiel pour construire ce que j’appelle une économie de marché sociale et écologique. Elle est jeune, apprend très vite, a conscience des problèmes et veut vraiment changer quelque chose.

Les Verts ont déjà montré, par leur participation aux gouvernements régionaux, qu’ils peuvent pousser en avant des préoccupations écologiques tout en maintenant un capitalisme social de marché, sans glisser vers le socialisme. Seule cette économie de marché sociale et écologique peut assurer l’avenir de notre planète et de notre prospérité.

Il vous reste 62.93% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess