Pour l’Arabie saoudite, le meurtre de Jamal Khashoggi est une affaire classée


Un manifestant tient entre ses mains le portrait du journaliste critique du pouvoir Jamal Khashoggi ainsi qu’une bougie, lors d’un rassemblement devant le consulat d’Arabie saoudite en Turquie, sis à Istanbul, le 25 octobre 2018.

Riyad a fait savoir samedi que l’assassinat du journaliste critique Jamal Khashoggi était une « tragédie » sur laquelle il était inutile d’épiloguer, après que le président des Etats-Unis, Joe Biden, l’a évoqué lors de sa visite dans la monarchie du Golfe.

Critique du pouvoir après en avoir été proche, Jamal Khashoggi a été assassiné à Istanbul, dans le consulat d’Arabie saoudite en Turquie, en 2018. Les services de renseignement américains ont pointé la responsabilité du prince héritier, Mohammed Ben Salman Al Saoud, envenimant les relations entre Riyad et Washington.

Surnommé « MBS », le dirigeant du royaume, qui recevait M. Biden vendredi, « a expliqué [à ce dernier] qu’il s’agi[ssai]t d’une tragédie pour l’Arabie saoudite », selon le ministre des affaires étrangères, Adel Al-Jubeir.

Le prince héritier a assuré que « les responsables [avaient] fait l’objet d’une enquête, [avaient] été confrontés à la justice et pay[ai]ent désormais pour le crime », a ajouté Adel Al-Jubeir dans une interview avec CNN.

Un tribunal saoudien a condamné, en 2020, huit hommes à une peine de sept à vingt ans de prison pour l’assassinat du journaliste.

Interrogé sur un rapport du renseignement américain désignant « MBS » comme le commanditaire de l’opération, le ministre saoudien a lancé : « Nous savons bien ce qu’avait conclu le renseignement à propos des armes de destruction massive de Saddam Hussein », qui n’ont jamais existé. Le responsable saoudien a, par ailleurs, mis en avant les « erreurs » des Etats-Unis, citant l’affaire d’Abou Ghraib, cette prison irakienne où des militaires américains ont pratiqué torture et traitements humiliants.

Cité par la chaîne saoudienne Al-Arabiya, un responsable saoudien anonyme a, par ailleurs, assuré que l’affaire Khashoggi avait été évoquée « rapidement » lors de la réunion avec Joe Biden, soulignant qu’« un tel incident [pouvait] arriver partout dans le monde ».

Ali Shihabi, un expert proche du gouvernement saoudien, a, quant à lui, assuré que le prince héritier avait répondu à M. Biden en « soulignant le double langage des Américains, faisant beaucoup de bruit à propos de Khashoggi tout en essayant de minimiser l’assassinat de Shireen Abu Akleh », journaliste américano-palestinienne tuée en mai par un tir israélien, selon l’Organisation des Nations unies. « A part cet échange franc, la réunion a été très cordiale », a-t-il assuré à l’AFP.

Joe Biden subit une avalanche de critiques pour sa rencontre avec « MBS », alors qu’il avait promis, durant sa campagne, de placer les droits de l’homme au cœur de sa diplomatie.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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