« Pour l’Ukraine, la disette de succès militaires rend indispensable la reconnaissance du statut de candidat à l’Union européenne »

Le fracas des armes n’est pas plus assourdi, pas moins dévastateur, mais il encourt désormais le risque d’une cruelle banalisation, au moins pour un temps.

Après l’échec cuisant du coup de boutoir initial russe, la guerre en cours en Ukraine est installée depuis plusieurs semaines déjà dans une deuxième phase, qui se concentre principalement dans le Donbass. Au mouvement, dans lequel les forces ukrainiennes ont excellé à la surprise générale, a succédé une quasi-guerre de position, une âpre tentative russe de broyage, lent et plus adapté à la supériorité militaire dont dispose pour l’instant l’envahisseur.

A quelques jours d’un sommet important à Madrid, prévu du 28 au 30 juin, le secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Jens Stoltenberg, a d’ailleurs envisagé « que cela puisse durer des années » pour tenter de lutter contre une fatigue stratégique des alliés de Kiev et de leurs opinions publiques. Les livraisons d’armes lourdes assurées par ces derniers, à commencer par les Etats-Unis, ont pour objectif de rétablir l’équilibre dans ce qui tourne à la guerre d’usure.

Cette phase n’est pas propre à la négociation puisque, au contraire, chacun des deux camps s’efforce d’obtenir sur le terrain la position la plus favorable possible.

Les précédents historiques en rappellent les deux seules issues connues qui rouvrent alors le champ de la diplomatie : la rupture de l’un des deux adversaires, ou bien le constat d’une impasse aussi figée que mortifère. Cette dernière serait similaire aux huit années de conflit de basse intensité vécues par les Ukrainiens dans le Donbass, jamais éteint par des accords de Minsk restés inappliqués.

Procédure d’intégration longue et exigeante

Dans l’intervalle, l’Ukraine va continuer à accumuler des pertes humaines et matérielles énormes, sans probablement pouvoir se prévaloir de victoires aussi éclatantes que celle obtenue avec la mise en déroute, en mars, des forces russes lancées sur la route de Kiev. Mis à part une éventuelle contre-attaque dans la région de Kherson, à proximité de la Crimée annexée unilatéralement en 2014, tenir dans le Donbass représente pour l’instant le principal objectif de l’armée ukrainienne.

Cette disette prévisible de succès militaires rend indispensable la victoire politique que constituerait la reconnaissance du statut de candidat à l’Union européenne (UE) en jeu lors du Conseil européen prévu les 23 et 24 juin, avec d’autres dossiers liés à l’élargissement. L’objectif n’a rien d’accessoire. Avec l’Ukraine, les Européens ne font pas face à une candidature habituelle.

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via LeMonde

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