Présidentielle 2022 : entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le grand écart européen


Trois chefs de gouvernement européens issus des rangs sociaux démocrates – l’Espagnol Pedro Sanchez, le Portugais Antonio Costa, l’Allemand Olaf Scholz – ont pris la plume, dans Le Monde du vendredi 22 avril, pour s’immiscer dans la campagne électorale française. Au nom de l’Europe, ils appellent les Français à ne pas faire le choix de l’extrême droite et de Marine Le Pen. C’est une démarche inédite, qui dit à quel point le scrutin hexagonal angoisse les Européens.

D’ordinaire, les Vingt-Sept se gardent de prendre parti, quand l’un des leurs affronte une échéance électorale : ils savent bien qu’ils seront amenés à négocier avec le gagnant, quel qu’il soit. En général, ils ont surtout à cœur de montrer une Europe en dehors des combats politiques, soucieuse de ne pas être accusée d’ingérence.

Mais la France n’est pas n’importe quel pays – membre fondateur de l’Union européenne (UE), elle est l’un de ses piliers –, et la seule possibilité de voir la candidate du Rassemblemant national (RN), ouvertement europhobe, entrer à l’Elysée, inquiète au plus haut point, de Berlin à La Haye, en passant par Rome, Madrid ou Copenhague.

« Il y a eu Trump, il y a eu le Brexit, on n’y croyait pas. Je ne serai rassuré que lorsque je verrai le résultat du second tour », affirme le président du groupe des Verts au Parlement européen, Philippe Lamberts. « Il y a cinq ans, au sein des institutions, on se demandait si Marine Le Pen serait au second tour. Aujourd’hui, on se demande si elle va gagner », remarque Eric Maurice, responsable, à Bruxelles, de la Fondation Robert-Schuman. Une victoire de Marine Le Pen « serait pire que le Brexit et pire que Trump », dit un diplomate d’Europe centrale en poste à Paris (les personnes citées dont le nom n’apparaît pas ont souhaité garder l’anonymat).

Les Européens ont donc veillé à ne pas mettre Emmanuel Macron en difficulté durant la campagne, notamment au sujet de l’embargo sur le pétrole russe auquel il est pourtant favorable. De fait, si les Vingt-Sept devaient s’entendre pour ne plus en acheter, espérant ainsi assécher les revenus de Vladimir Poutine pour financer sa guerre en Ukraine, il est probable que le prix des carburants s’envolerait immédiatement. Ce qui donnerait à Marine Le Pen de nouveaux arguments, elle qui se veut la candidate du pouvoir d’achat et s’oppose d’ailleurs à l’arrêt des importations de pétrole russe.

Dans ce contexte, personne à Bruxelles n’a cherché à accélérer des discussions qui sont complexes, ne serait-ce que parce que la Hongrie ne veut pas entendre parler d’un tel embargo. « Même si cela ne procède de rien d’officiel ou de formel, nous ne voulons pas compliquer la vie de Macron », confie un diplomate.

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via LeMonde

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